Six élèves enlevés dans une attaque contre un lycée à Bamenda au Cameroun anglophone

Bamenda

Six élèves d’un lycée public de Bamenda, capitale de la région camerounaise anglophone du Nord-Ouest en conflit, ont été enlevés vendredi après l’attaque de leur école par des hommes armés, indiquent des sources concordantes samedi.

« Des personnes ont attaqué le lycée hier (vendredi) à 11H00 (10H00GMT). Six élèves ont été enlevés », a indiqué à l’AFP un enseignant de Bamenda. L’information a été confirmée par une source proche des services de sécurité de Bamenda.

Des médias locaux rapportent qu’un des six élèves a réussi à s’échapper, mais l’information n’a pu être confirmée de source indépendante.

Dans les deux régions anglophones du Cameroun (Nord-Ouest et Sud-Ouest) où fait rage depuis un an un violent conflit armé, un boycott des écoles a été décrété par les séparatistes armés.

Ceux-là, qui combattent depuis fin 2017 l’armée pour l’indépendance du Cameroun anglophone, estiment que le système scolaire francophone marginalise les étudiants anglophones.

Les attaques de séparatistes armés sur les lycées sont de fait nombreuses depuis le début du conflit.

Lors de la rentrée scolaire de septembre, des « crimes imprescriptibles » ont été commis par les séparatistes, avaient dénoncé début septembre les autorités. Le jour de la rentrée, un directeur d’école avait été assassiné, un professeur mutilé et plusieurs lycées attaqués.

Une élection présidentielle a eu lieu le 7 octobre au Cameroun, dont les résultats officiels ne sont pas encore connus.

Dans les deux régions anglophones -sur les dix que compte le Cameroun-, les taux de participation à ce scrutin ont été extrêmement faibles: 5% au Nord-Ouest et 15% au Sud-Ouest, selon les chiffres de la Commission nationale de décompte des votes.

Dans la zone, plus de 300.000 personnes ont fui les violences, pour la grande majorité en brousse et dans les grandes villes des régions voisines, et pour certaines au Nigeria voisin.

Les combats sont quotidiens dans ces régions anglophones. Selon des sources concordantes, aux séparatistes armés se sont ajoutées des bandes armées de bandits et pillards, qui rackettent les populations et entreprises encore présentes.

Yaoundé, qui refuse le dialogue avec les séparatistes qu’ils estiment être des « terroristes », a procédé depuis début 2018 à un important déploiement de forces de sécurité pour « rétablir l’ordre ».

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