Le nouveau siège de la Fécafoot a été inauguré ce 13 mai 2026 à Yaoundé-Warda, en présence du président de la CAF Patrice Motsepe et du Premier ministre camerounais. Samuel Eto’o a salué la mémoire de son prédécesseur Iya Mohammed comme « le début de ce beau rêve ». Une reconnaissance rare, qui invite à regarder de plus près ce que ce chantier de quatorze ans raconte vraiment.
Un projet né en 2012, pas en 2021
Le chantier démarre officiellement le 13 novembre 2012, sous la présidence d’Iya Mohammed, avec l’entreprise Guimar comme adjudicataire pour un montant annoncé de 1,7 milliard de francs CFA. L’idée : utiliser une partie des revenus du Mondial 2010 pour doter la fédération d’un siège digne de ce nom.
L’arrestation d’Iya Mohammed en juin 2013, dans une affaire liée à la Sodecoton, stoppe tout. Le Comité de normalisation qui lui succède se concentre sur les élections. Le chantier, lui, se détériore.
Tombi à Roko Sidiki, élu en 2015, préfère investir ailleurs, notamment dans les stades de Bafia, Bangangté, Bamenda et Sangmélima. Quand Seidou Mbombo Njoya arrive en décembre 2018, il découvre un audit interne accablant : Guimar a perçu environ 900 millions de francs CFA, le gros œuvre atteint à peine 90 % et l’entreprise réclame encore 2,4 milliards pour terminer.
Mbombo Njoya attaque en justice. Il obtient gain de cause le 3 juillet 2020 devant la Cour d’appel du Centre, qui rejette la requête de Guimar. Un nouvel appel d’offres est lancé, remporté par PAC International. Le projet est alors réévalué à près de 4 milliards de francs CFA, équipements compris, selon Parfait Siki, ancien secrétaire général de la Fécafoot.
Pour financer les travaux, la fédération obtient un prêt à taux zéro de la FIFA, mis en place pendant la période Covid. PAC International intègre deux étages supplémentaires pour générer des recettes locatives estimées à 30 millions de francs CFA par mois. La FIFA approuve. Durée prévue : douze mois.
Eto’o hérite d’un dossier ficelé, et le complique
Samuel Eto’o remporte l’élection fédérale en décembre 2021. Il trouve un projet structuré, financé, en cours d’exécution. Mais selon Parfait Siki, le nouveau président tente de rompre le contrat avec PAC International. Bras de fer perdu. L’entreprise bénéficierait de soutiens solides au sommet de l’État.
Résultat : plus de trois ans de tensions supplémentaires avant qu’un compromis soit trouvé et que les travaux reprennent vraiment.
L’immeuble est beau. Mais quatorze ans pour livrer un siège de fédération, c’est un aveu collectif d’échec institutionnel, pas un motif de fierté exclusive.
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Journaliste sportif pour 237online.com, Jean-Claude Mbida couvre l'actualité du sport camerounais et africain.
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