Dans les artères de Yaoundé, des caravanes de véhicules surchargés d??élèves donnent des sueurs froides.Cas de figure, récemment arrivé dans un collège à Yaoundé. Dans le cadre des activités liées à la fête nationale de la Jeunesse, les élèves dudit collège, comme leurs camarades des autres établissements secondaires, ont organisé une caravane à travers la ville. Dans le souci d??éviter des débordements sur la voie publique, le responsable de l??établissement leur affecte deux enseignants comme encadreurs. Mais à peine le cortége sort du collègue que les encadreurs sont perdus. De dizaines
d??autres voitures infiltrent la suite. Les unes plus surchargées que les autres, avec des élèves issus de divers établissements, dont ceux de leur collège. Il y avait là des filles à moitié nues, assises sur les portières ou sur les toits de voitures, bouteilles de champagne en mains, sifflets accrochés aux lèvres. Les garçons quant à eux ont transformé les capots en sièges, brandissant des affiches de concerts. Des motos taxis s??en mêlent, eux aussi chargés d??élèves et zigzaguant entre les véhicules. Le long de leur trajet, des automobilistes se mettent sur le côté pour leur céder le passage. Le cortège prend de la vitesse progressivement. Dans ce brassage, impossible de retrouver la trace du cortège initial. Les pauvres encadreurs ont dû rebrousser chemin, impuissants.En effet, des activités liées à la fête de la Jeunesse, le volet caravane est le plus spectaculaire. Car toutes les routes sont prises en otage par ces jeunes scolaires en quête de sensations fortes. En réalité, l??organisation de cette activité est aujourd??hui une concurrence entre les établissements secondaires. « Chacun veut avoir le plus long cortège, le plus beau et le plus luxueux. Alors on met le paquet », raconte un élève, responsable de coopérative dans un lycée de la place. Il explique que, avec le concours de certains parents, de l??établissement et sur fonds propres, ils louent des voitures de grandes marques pour former le cortège. « Mais beaucoup prennent les voitures de leurs parents, mais avec leur permission», précise-t-il. Toujours est-il que le spectacle que ces jeunes offrent sur les chaussées est effrayant et démesuré. Excès de vitesse, de surcharge et nuisances sonores. Sans compter les tenues exhibitionnistes et toutes les conséquences encourues. Sans doute pour conjurer le mauvais sort, le principal du collège de la Retraire compte interpeller les responsables des établissements catholiques, pour que cette activité cesse à jamais. Félicité BAHANE N., CT
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