Le parti est à nouveau en proie à des convulsions, que certains attribuent aux échéances nationales et internes attendues. Le sort du principal parti de l??opposition camerounaise ne laisse pas indifférent. A preuve, l??opinion se meuble, ces temps derniers, de la chaude actualité liée au Social Democratic Front (Sdf), et notamment, de ce qui pourrait s??appeler l??affaire Serge
Noumba, du nom de ce député de la Mifi. Le parlementaire a été pris en grippe par des camarades de la coordination régionale de l??Ouest et, selon une formule maintenant bien connue des observateurs de ce parti, son auto- exclusion a été constatée (par les responsables au niveau de la région en tout cas). D??autres faits, rapportés par la presse, mettent en situation tel ou tel cadre du Sdf que des responsables, plus ou moins proches du sommet, taxent d??indiscipliné ?? un qualificatif qui vous rend, pour ainsi dire, éligible à l??auto-exclusion. Inutile de revenir dessus en détail pour comprendre que le bateau Sdf, qui en a pourtant vu d??autres, ne vogue pas sur les eaux les plus calmes de ses presque vingt ans d??existence. Pourquoi cette nouvelle crise, pourquoi ces crise à répétition ? « Le problème du Sdf est lié au leadership, explique un ancien haut responsable de cette formation politique. Le sommet du parti est un peu dépassé et en déphasage avec les objectifs qui avaient été fixés au départ : l??instauration au Cameroun d??une société de justice sociale et d??égalité de chances. ». A en croire notre source, le parti s??est enfermé « dans le favoritisme et la mafia. » Pierre Mouafo, exclu du parti dont il occupa le poste de Secrétaire général adjoint, estime que la source du mal, la cause des convulsions itératives, est « l??usage abusif du 8.2 », l??article portant sur la perte de la qualité de membre du Sdf (ressort statutaire de l??auto-exclusion). Lequel dope une certaine intolérance (comme la détention d??une arme absolue rendrait des acteurs plus belliqueux). « Tous ceux qui se sont mis à contester la gestion de Fru Ndi [le président national du parti] ont été victimes du 8.2. Le Dr Basile Kamdoum, Claude Tchepanou, etc. D??autres ont été contraints à la démission, comme Maïdadi Saïdou ou Bernard Muna », explique Pierre Mouafo. Tout le problème du Sdf ne serait-il dû qu??à l??hyper sensiblerie d??une hiérarchie jalouse de son statut et allergique aux divergences de vues ? Un proche du Chairman rencontré par CT pense que non. Notre source, qui a requis l??anonymat, voit d??autres raisons aux remous, notamment actuels : « Nous avons des échéances nationales en vue et dans le même temps, nous sommes [au Sdf, Ndlr] en train de réorganiser le parti. » (En ligne de mire, probablement, l??élection présidentielle prévue en 2011, et pour laquelle le parti devra désigner son candidat). Ce haut responsable voit là suffisamment de motifs à l??attisement d??appétits internes. Ces propos recoupent ceux d??un ex-militant persuadé qu??à l??Ouest par exemple, des rivaux politiques de Serge Noumba ont manipulé la coordination régionale. Des tireurs de ficelle dans l??ombre, Me Joseph Lavoisier Tsapy, conseiller juridique du parti, en dénonce aussi, lui qui a confié au « Jour » de mercredi dernier que « des gens manipulés » font pression sur le député Jean-Michel Nintcheu du Wouri?? Bonjour l??ambiance ! Comment ramener la sérénité dans la maison ? Une réunion du Comité exécutif national est prévue ce week-end afin d??examiner la situation. De quoi accouchera-t-elle ? En attendant la réponse, Pierre Mouafo estime que le Sdf « a besoin d??une vraie opération vérité et réconciliation. » Avis partagé par le proche du Chairman susmentionné : « Nous devons beaucoup cultiver la tolérance, parce que c??est le contraire qui est actuellement de mise. On ne cherche pas à résoudre les problèmes. Pourtant, entre camarades de parti, la tolérance devrait être une règle d??or », estime-t-il. Voix de la sagesse ?
Alliance NYOBIA, Cameroon Tribune
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