RDC : Un pasteur en blanc aux funérailles enflamme les débats !

Marcelo

Une scène inédite a récemment secoué Kinshasa : lors des obsèques de son épouse, le pasteur Marcelo Tunasi et sa famille sont apparus vêtus de blanc, en total contraste avec le noir traditionnel des funérailles chrétiennes. Cette tenue atypique a déclenché une vague de réactions à travers la République démocratique du Congo, ravivant le débat sur la place des traditions africaines dans les pratiques religieuses modernes.

Le blanc aux funérailles : retour aux sources ou hérésie ?

Pour de nombreux Congolais, voir un homme d’Église en blanc lors d’un enterrement est tout simplement inconcevable. « C’est un manque total de respect pour la défunte« , s’insurge Marie K., fidèle catholique interrogée par 237online.com. « Le noir est la couleur du deuil, c’est une tradition universelle ! »

Pourtant, selon certains experts en traditions africaines, le choix du pasteur Tunasi pourrait avoir des racines bien plus profondes. « Dans de nombreuses cultures bantous, le blanc symbolise le passage vers l’au-delà », explique le Pr. Mukoko, anthropologue à l’Université de Kinshasa. « C’est une célébration de la vie du défunt, pas un deuil au sens occidental du terme. »

Un acte de résistance culturelle ?

Cette apparition en blanc pourrait-elle être le signe d’un retour aux traditions pré-coloniales ? C’est l’avis de nombreux internautes congolais, qui voient dans ce geste une forme de résistance culturelle. « Enfin un pasteur qui ose renouer avec nos vraies racines ! », se réjouit un utilisateur de Facebook. « Le christianisme nous a fait oublier notre propre rapport à la mort. »

Il faut dire que dans l’Afrique pré-coloniale, le noir était souvent associé à la vie, et non à la mort. Les funérailles étaient l’occasion de célébrer le passage de l’esprit vers d’autres sphères, dans une vision cyclique de l’existence. Un héritage que certains voudraient voir revivre au sein même des Églises congolaises.

Marcelo Tunasi : un initié qui se dévoile ?

Le choix vestimentaire du pasteur Tunasi soulève de nombreuses questions. Serait-il secrètement initié aux traditions ancestrales ? C’est l’hypothèse avancée par certains observateurs, pour qui ce geste ne peut être anodin. « Il connaît sûrement les rites kamites, mais ne peut pas le révéler ouvertement à cause de sa position dans l’Église », avance un internaute sous couvert d’anonymat.

Une théorie qui fait grincer des dents dans les milieux chrétiens plus orthodoxes de Kinshasa. Pour beaucoup, mêler traditions africaines et christianisme relève du syncrétisme, voire de l’apostasie. « On ne peut pas servir deux maîtres à la fois », tranche le pasteur Emmanuel T., farouchement opposé à toute « compromission avec le paganisme ».

Un débat qui dépasse les frontières de la RDC

Cette polémique autour du blanc aux funérailles dépasse largement le cadre de la République démocratique du Congo. Dans toute l’Afrique, la question de la « décolonisation » des pratiques religieuses fait débat. Comment concilier foi chrétienne et héritage culturel africain ? Jusqu’où peut-on aller dans la réappropriation des traditions sans trahir son engagement religieux ?

Des questions complexes, qui touchent à l’identité même des sociétés africaines contemporaines. Et dont les réponses pourraient bien redessiner le paysage spirituel du continent dans les années à venir. En attendant, le pasteur Tunasi aura au moins eu le mérite de lancer le débat. Et de rappeler que la mort, en RDC comme ailleurs en Afrique, reste un sujet profondément culturel et spirituel.

Par Mathieu Nsom pour 237online.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *