Raymond Tchengang, Littoralien ou Bamiléké ? Ses origines en débat

Raymond Tchengang – débat origines Littoralien ou Bamiléké Cameroun

Raymond Tchengang affirme être victime de tribalisme anti-Bamiléké, alors qu’il dit n’avoir aucune origine dans l’Ouest. Né d’un père Moya et d’une mère Mbiam, tous deux du département du Nkam, il explique que son nom vient d’un ouvrier chinois, Cheng Gang, ami de son père sur le chantier du premier pont sur le Wouri. Mais un contradicteur surgit sur les réseaux, archives à l’appui, et la version commence à vaciller.

« Tu es un Bandounga » : quand un commentaire rouvre un débat généalogique

Leprince Ngankeu ne mâche pas ses mots. Dans une publication virale, il accuse Raymond Tchengang de mentir sur ses origines et de nier ses racines Bandounga. Sa thèse est précise : le village Moya, dont se réclame Tchengang, serait une création de son propre arrière-grand-père Feuh Ngwegnor, fondée en lien avec le chef supérieur Bandounga. Et la langue parlée à Moya, localement appelée Kwa ou Bekwa, ne serait autre que le Mahbelema, langue des Bandounga et des peuples de Tonga.

L’argument sur le nom est tout aussi tranchant. Tchengang, patronyme d’origine chinoise selon l’intéressé ? Impossible, répond Ngankeu. Des Tchengang, Ndangang, Mongang, Dibateu, Nyamsi, on en trouve partout dans le Nord-Makombé. Ce sont des noms Bandounga, pas la transcription approximative d’un prénom mandarin mal orthographié par un officier d’état civil.

Il dit même pouvoir produire les archives prouvant que ses ancêtres ont intronisé Koumtouheu, tout premier chef Moya.

Rien ne confirme à ce stade quelle version tient historiquement.

Une identité revendiquée, une autre imposée

Raymond Tchengang assume pleinement son nom. Il l’a transmis à tous ses enfants. Il se dit fier d’être du Nkam, Littoralien de souche, et dénonce le tribalisme dont il est la cible depuis que son nom circule comme potentiel candidat à la chefferie du quartier Grand Moulin, à Bonateki.

Mais c’est là que le débat dépasse Facebook.

Qui décide de l’identité d’un homme ? Derrière cet échange musclé, il y a une tension plus ancienne : la frontière entre appartenance revendiquée et appartenance assignée. Bandounga ou Moya, Littoralien ou Bamiléké qui s’ignore, les mots utilisés révèlent un contentieux identitaire réel entre le Nkam, le Moungo et les marges de l’Ouest.

Et quand Ngankeu brandit la menace d’une destitution coutumière du chef Moya, ce n’est plus une querelle de commentaires. C’est de la politique traditionnelle, avec des implications concrètes sur le terrain.

Le signal est clair : les questions d’appartenance ethnique restent, au Cameroun, d’une sensibilité explosive.

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✍️ À propos de l'auteur
Alain-Claude Ndom
Alain-Claude Ndom

Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

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One thought on “Raymond Tchengang, Littoralien ou Bamiléké ? Ses origines en débat

  1. Votre question est mal posée. On peut très bien être Bamiléké et Littoralien. La vérité est toute simple, mais elle dérange : les Bamiléké sont originaires de 3 régions du pays à savoir Ouest/Centre/Littoral; tout comme les Bassa sont repartis sur 3 régions Littoral/Centre/Sud. Les Moya, les Badem pour ne citer que ces tribus sont également présents à l’Ouest. M. Tcheungang est un Bamiléké du Littoral. Il est, par conséquent Littoralien

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