Querelles de succession : Des maisons «pas à vendre» à Douala

Plusieurs maisons de la capitale économique portent des écriteaux sur lesquels est mentionné : « maison familiale n??est pas à vendre ». Une astuce des propriétaires à l??endroit d??éventuels acquéreurs qui marche.
1-Interdites à la vente

«Maison familiale pas à vendre», «maison interdite à la vente». Ces indications, on en trouve un peu partout à Douala. Peu importe le quartier. Samedi 11 février 2012, il est 8heures. Nous sommes à la cité Sic, un quartier populaire de Douala. Sur l??une des maisons que compte ledit quartier est écrit : «Maison familiale n??est pas à vendre, gare à l??acheteur». Pourquoi cette affiche? «Il s??agit d??une mésentente familiale», affirme Célestin Berthold Eloundou qui habite le quartier. En l??absence de son géniteur, Ntondo, le puîné de la fratrie explique : «Mon père et ses trois s??urs aînées se disputent cette parcelle qui est un héritage de mon grand-père . Elles ont pris la décision de vendre la maison, alors que des gens qui y résident ne sont ni plus ni moins que leurs neveux. Pourtant, à la mort de mon grand-père, c??est monsieur Ntondo qui a viabilisé ce qui n??était alors qu??un taudis. C??était en 1999. (Aujourd??hui c??est un grand salon, deux chambres. Mais aussi trois chambres et un studio en location Ndlr). En 2010, nous avons appris que mes tantes veulent nous exproprier.» Quelques jours plus tard, lesdites tantes leur demandent effectivement de quitter les lieux. Après une vive altercation, elles rebroussent chemin. Mais pour combien de temps. Puisque, poursuit notre source, «elles reviendront une semaine après avec des hommes de l??Equipe spéciale d??intervention rapide, et des gros bras pour nous déloger.» N??eut été l??intervention d??un huissier de justice venu faire le constat, et prouvant que le terrain appartient bel et bien à la famille Ntondo, «nous serions en train de dormir aujourd??hui à la belle étoile », confie-t-il avec un brin de nostalgie. Face à ce problème, la quarantaine pimpante, Ntondo n??a pas trouvé une astuce qui marche : «Maison familiale pas à vendre, gare à acheteur». Question d??empêcher tout acquéreur à s??y intéresser. A la réalité, cette situation n??est pas exclusive à cette famille. Un peu plus loin, au quartier Ndogbati, c??est la barrière d??une villa qui porte un écriteau avec les mêmes indications. Mais si dans le premier cas il s??est agit d??une querelle entre frère et s??urs, celui-ci est un peu différent et ahurissant. «Il s??agit d??un litige familial. Après avoir divorcé de ma mère il y a quelques années, celle-ci a obtenu la maison grâce au processus de partage des biens. Mais on a eu vent de ce que le père faisait des tractations pour la vendre, nonobstant le fait que ses trois enfants y vivent (la mère étant en Occident). Les avocats nous ont conseillés d??écrire « Maison familiale, pas à vendre» sur la barrière », raconte Kevyn.T. Message qui s??adresse à toute personne en quête de propriété foncière. Et pour les initiateurs de cette mise en garde d??un autre genre, c??est bien évidemment dans leur propre intérêt, mais aussi et surtout de celui des éventuels acheteurs qui peuvent se faire arnaquer. «Il y va de la sécurité de tous ces potentiels acquéreurs, dans la mesure où ils vont conclure un accord de dupes avec les prétendus vendeurs ou propriétaires du terrain», croit savoir Kevyn.T. Il estime d??ailleurs que les vendeurs, dans la plupart des cas n??ont pas de titre foncier, attestant qu??ils sont propriétaires du terrain ou qu??ils ont reçu l??agrément de le liquider. «Mais comme les terrains libres sont rarissimes à Douala, ils se laissent facilement amadouer», affirme le jeune homme. Une situation devenue monnaie courante. Pour le sociologue Serges Aimé Bikoï, il s??agit d??un souci de préservation du domicile familial, détenu par un chef de ménage. «Il y a une question de l??accaparement de la rente foncière par le détenteur de la propriété terrienne. L??inscription de ces écriteaux sur des ménages urbains procède de la sécurisation de son patrimoine conjugal et, partant, familial.» Au plan économique, le sociologue soutient la thèse d??une nécessité de bénéficier des ressources financières générées par la détention foncière dont dispose un individu. «De plus, cet acquis foncier permet à ce dernier de capitaliser des ressources pécuniaires à des fins d??assouvissement ou de satisfaction des besoins vitaux de ce dernier et de ceux de sa famille.» Et les retombées sont loin d??être réjouissantes.
2-Que dire des répercussions?? « Ces écriteaux jouent un rôle important et sont efficaces », pense Félicité Mounga. Devant son domicile, on peut lire : «Maison familiale litigieuse pas à vendre». «Depuis que ce message se trouve sur le mur, plus personne ne s??amène ici pour nous nuire», affirme-t-elle. Ses misères surviennent lorsque son père divorce d??avec sa mère après quarante sept ans de mariage. A en croire la jeune dame, il est allé refaire sa vie avec une autre. La où le bât blesse, c??est qu??il «décide de bazarder à notre insu la maison dans laquelle son ex-épouse, donc ma mère, et l??un de ses enfants résident. » Pour éviter tout imbroglio, c??est un client, venu acheter la maison et informé de «l??entourloupe» que voulait lui faire le père qui attire l??attention de la maisonnée sur l??efficacité de ces écrits. « Les indications seront bientôt retirées, indique-t-elle, nous ne sommes plus tant confrontées à tous ces problèmes. Je pense que nous avons suffisamment menacé papa et tous ses potentiels clients de mettre un terme à leur malveillante intention de s??approprier notre bien.» Si les choses semblent bien se passer avec ces écriteaux, les conséquences sont souvent drastiques. Selon le sociologue Serges Aimé Bikoï, les conséquences sont essentiellement négatives, des luttes pour le contrôle de l??habitat querellé s??en suivent, «d??où les conflits entre les membres de la même famille qui peuvent aboutir à des cas de pratiques mystiques avec à la clé des pertes en vie humaine. C??est le noyau familial qui éclate pour du matériel.» Illustration : l??affaire Cambanis, du nom de l??ancien consul honoraire de Grèce à Douala. Après la mort en 2001 de ce diplomate et homme d??affaires, une querelle de succession divise la famille. Il s??agit, disent les sociologues, d??un véritable fait de société qui divise plusieurs familles. Au final, relèvent-ils, la paresse et l??oisiveté sont aussi responsables de cette envie pour certains ayant-droit de brader le patrimoine familial.

One thought on “Querelles de succession : Des maisons «pas à vendre» à Douala

  1. Bonjour
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