237online.com

L'ouverture sur le Cameroun

Présidentielle gabonaise : Un suspense à couper au couteau

L??on saura se jour qui d??Ali Bongo, de Pierre Mamboundou ou de Paul Mba Obame succèdera à Ali Bongo Ondimba. B.M C??est en principe dans la soirée de ce mercredi que la Commission électorale nationale autonome et permanente (CENAP) devrait publier les résultats de l??élection présidentielle de

dimanche dernier. L??on saura alors qui de Pierre Mamboundou, Ali Bongo Ondimba et Paul Mba Obame devrait s??installer dans les prochains jours aux commandes du Gabon suite à la mort le 8 juin dernier à Barcelone de Bongo Ondimba après un magistère de 41 ans. Le verdict de la CENAP est d??autant plus attendu qu??il conditionne et détermine la proclamation des résultats du récent scrutin par la Cour constitutionnelle. Sous réserve des contentieux électoraux qui pourraient être légion. Notre envoyé spécial à Libreville qui a vécu sur place les opérations électorales et la fin de la campagne dresse quelques faits majeurs, des lignes de force d??un scrutin inédit. 1. Le suspense. Il est interminable, voire insoutenable pour certains. Recevant samedi dernier les représentants de la presse internationale, le ministre de la Communication, Mme Laure Olga Gondjout, avait indiqué que les premières tendances à l??issue de l??élection seraient disponibles dans la soirée de dimanche. Soit quelques heures après la fin des opérations de vote. Finalement, il n??en a rien été. Même la « grande soirée électorale » organisée par la télévision nationale n??a apporté aucune indication significative sur la question. Au grand dam des téléspectateurs qui sont restés rivés sur le petit écran jusqu??aux premières heures de lundi. Côté CENAP, du ministère de l??Intérieur et de celui de la Communication : silence radio. Cela pouvait se comprendre du fait que le vote ayant démarré avec quelques heures de retard ici et là, les opérations électorales se sont poursuivies au-delà de l??heure légale. Il n??empêche : au milieu de la nuit, le secrétaire général du PDG, Faustin Boukoubi, avec une assurance déconcertante, se dit « comblé » devant les caméras. Le candidat de son parti, étant, selon lui, largement en tête des suffrages exprimés. Ce que confirmera d??ailleurs solennellement quelques heures plus tard, le candidat Ali Bongo lui-même. Pour lui, pas une ombre ne planerait sur sa victoire. Problème : deux de ses dix-sept adversaires demeurés en lice suite au retrait de dernière minute de Casimir Oyé Mba, revendiquaient eux aussi, chacun la victoire. Pierre Mamboundou et Paul Mba Obame se voulaient sans équivoque. Se fondant, assuraient-ils, sur les procès-verbaux de dépouillement fournis par leurs représentants respectifs dans les bureaux de vote. Ils ont maintenu leur position. Au total donc, trois candidats se sont déjà auto-proclamés vainqueurs de l??élection présidentielle de dimanche dernier. Il revient donc à la CENAP, en véritable arbitre devant prendre en compte les résultats de quelque 3000 bureaux de vote, y compris ceux des 39 commissions consulaires électorales d??Afrique, du Moyen Orient, d??Europe, d??Amérique et d??Asie, de départager les trois « présidents ». Ce n??est pas une mince responsabilité. Pour au moins une raison essentielle. 2. L??identité des protagonistes. Ce ne sont pas des « bleus » sur la scène politique gabonaise. Paul Mba Obame, spécialiste en science politique, a roulé sa bosse dans l??appareil de l??Etat. Plusieurs fois ministre, il était en charge du très sensible portefeuille de l??Intérieur à la mort du président Bongo. Il ne manque donc pas de réseaux, aussi bien à l??intérieur qu??à l??extérieur du pays. Lui qui fut un temps sur la place parisienne l??un des principaux animateurs de l??opposition gabonaise dans le cadre du MORENA (Mouvement de redressement national). A ces atouts, s??ajoute le soutien que lui ont apporté récemment Paul Mba Abessole et Jean Eyegbe Ndong, dernier Premier ministre d??Omar Bongo Ondimba. Pierre Mamboundou, quant à lui, n??a pas flirté avec le système Bongo qu??il ne rêve que d??enterrer. Ancien fonctionnaire international à l??Agence de coopération culturelle et technique (ACCT) à Paris, il bénéficie d??un soutien considérable dans la partie sud du pays, lui qui est député et maire de Ndende dans sa région natale de Mouila. Donné favori de cette élection dès le départ, Ali Bongo Ondimba est, à l??ombre tutélaire de son président de père, dans les allées du pouvoir depuis la fin des années 80. Candidat officiel du PDG créé par feu le président Bongo, Ali s??est constitué son propre réseau qu??il a consolidé ces dix dernières années à la tête du ministère de la Défense. Après avoir géré le portefeuille des Affaires étrangères. Président du conseil supérieur des affaires islamiques au Gabon, Ali Bongo bénéficie, de sources crédibles à Libreville, de précieux soutiens des principaux milieux d??affaires du pays. Voilà à grands traits, les trois prétendants les plus en vue à la course du fauteuil laissé vacant par le président Omar Bongo Ondimba. 3. Les germes d??une confrontation violente. Les trois candidats qui réclament, presque bruyamment, la victoire à la récente élection affichent tous une détermination imperturbable. Chacun donnant le sentiment de vouloir aller jusqu??au bout pour défendre sa victoire. Il se trouve que les uns et les autres comptent des relais, des partisans dont certains inconditionnels. Qui se sont investis sans compter depuis le début du processus électoral et parfois même, dans certains cas, avant l??ouverture de la vacance à la tête de l??Etat. Ce qui donne à certaines attitudes et actions l??allure d??un va-tout. Il en résulte des logiques d??exclusion, d??intolérance, voire de négation de l??autre. Toutes choses qui sont porteuses de risques d??explosion d??une violence que beaucoup de Gabonais redoutent. L??appel à la raison et au calme lancé dimanche dernier au milieu des opérations électorales par le président intérimaire, Rose Francine Rogombé n??était nullement un acte fortuit. Pas plus d??ailleurs que le déploiement de plus en plus massif des forces de l??ordre et même de défense à tous les points stratégiques de Libreville. Police anti-émeutes, gendarmes et militaires multiplient des patrouilles dans la rue à Libreville. Cependant que l??activité économique tourne au ralenti. Les commerces sont restés fermés ces derniers jours dans un climat délétère de psychose et d??expectative mêlées. C??est dans ce contexte qu??un collectif de 21 intellectuels a lancé un appel aux acteurs politiques en faveur d??un indispensable fair-play. Afin que la proclamation des résultats ne débouche pas sur les désordres et le chaos. L??on verra après le verdict de la CENAP dans les prochaines heures si l??appel de ces intellectuels, largement partagé dans l??opinion gabonaise, sera entendu. 4. Perspectives d??avenir. Le couperet de la CENAP sera, à coup sûr, source de frustrations, voire de tensions exacerbées. Quel que soit par ailleurs le vainqueur proclamé, dès lors que trois prétendants se voient déjà sur le fauteuil de chef de l??Etat du Gabon. On se rappelle, dans des circonstances similaires, les émeutes qu??a vécues le pays en 1993, 1998 et 2003. Des plaies qui ne sont d??ailleurs pas totalement refermées?? Il appartiendra au candidat proclamé élu d????uvrer à apaiser querelles et ranc??urs, de tendre une main fraternelle aux perdants. Richement doté par la nature, le Gabon peut être un pays d??avenir, si ses fils parviennent à transcender leurs divergences et antagonismes. Au nom de la paix et d??une cohésion nationale qu??ils présentent comme le principal héritage des présidents Léon Mba et Omar Bongo Ondimba. Cela demande que chacun fasse un pas vers l??autre. Ce qui ne va pas de soi??
MAKON ma PONDI, CT

Ne manquez aucune actualite !

Google Suivez-nous sur Google Actualites

Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *