237online.com

L'ouverture sur le Cameroun

Présidentielle gabonaise : Tension dans l'attente des résultats

Une chape de plomb recouvrait la capitale gabonaise hier. Les Gabonais devront attendre encore pour être définitivement fixé sur le nom de leur nouveau président. Les premières tendances fournies hier soir par le ministère de l??Intérieur n??ayant nullement un caractère définitif. En effet, la loi n° 11-2004 du 6 janvier 2005 dispose que « la

cour constitutionnelle contrôle la régularité des opérations électorales dont elle proclame les résultats sous réserve des contentieux électoraux ». Or, au préalable, toujours aux termes de la même loi, les résultats globaux de chaque commission provinciale électorale et de chaque commission consulaire doivent être recensés et centralisés par la Commission nationale électorale avant leur transmission à la Cour constitutionnelle. Dans tous les cas, au moment où nous allions sous presse, rien n??était acquis pour l??un ou l??autre des trois candidats qui semblaient émerger du lot : Ali Bongo Ondimba, André Mba Obame et Pierre Mamboundou. Un quatrième candidat faisant figure de « poids lourd » de la scène politique, casimir Oyé Mba, bien connu des Camerounais pour avoir été des longues années gouverneur de la BEAC, s??étant retiré hier sur la pointe des pieds de la course à la succession d??Omar Bongo Ondimba décédé en juin dernier. Présenté comme un « traître » et vilipendé lors du dernier meeting de campagne d??André Mba Obame, porte-étendard de ce que d??aucuns désignent « lobby Fang », l??ancien Premier ministre a jeté l??éponge. Ce qui, dans une logique de vote ethnique, devrait profiter à la candidature de Mba Obame, ministre de l??Intérieur de 2005 à juin 2009. Après avoir assumé les fonctions de ministre de l??Education, puis de ministre de la Solidarité nationale et des Affaires sociales. Son principal rival pour la présidentielle d??hier : Ali Bongo Ondimba, candidat du PDG (parti au pouvoir), véritable machine électorale qui a connu cependant comme une implosion après la mort de son fondateur, Omar Bongo. Reste que le parti dispose d??un atout appréciable : son implantation sur l??ensemble du territoire national qu??il a quadrillé littéralement tout au long de la campagne électorale. Avec des caravanes à l??américaine et un déploiement massif d??affiches, de banderoles, de gadgets, de pancartes. Et même des messages personnalisés par téléphonie mobile. Tout a été mis en ??uvre pour séduire un électorat dont une fraction affiche une volonté déterminée de tourner une page de l??histoire du Gabon. C??est le principal atout d??un Pierre Mamboundou. A 63 ans, ce spécialiste en télécommunications peut se prévaloir d??une certaine virginité politique, le président du groupe parlementaire UPG à l??Assemblée nationale ayant réussi l??exploit de résister aux sirènes du système Bongo. Sauf surprise, le futur président Gabonais devrait sortir donc de ce trio composé de Pierre Mamboundou, André Mba Obame et Ali Bongo Ondimba. L??élu étant celui qui obtiendra le plus grand nombre de suffrages. Dès les premières heures d??hier, des électeurs en masse avaient pris d??assaut les différents bureaux de vote. Et le considérable retard pris pour démarrer les opérations électorales n??a nullement découragé ces grappes humaines, les uns et les autres tenant à glisser dans l??urne le bulletin de leur candidat. En cette matinée dominicale, d??aucuns ont préféré rendre hommage à Dieu dans divers lieux de culte et d??implorer le ciel pour que l??élection ne débouche pas sur des troubles, sur la violence. De fait, la méfiance entre acteurs politiques gabonais est telle qu??on se demande si le verdict des urnes sera accepté de tous. C??est la grande interrogation, le défi majeur du peuple gabonais. Alors que les forces de l??ordre veillent au grain pour éviter le moindre dérapage, le président intérimaire Rose Francine Rogombé, de son fief à Lambaréné, a appelé tous les protagonistes à la pondération et au calme. Afin d??éviter au pays un accès de violence qui ne pourrait être que désastreux pour tous et profitable à personne. La peur dans le ventre, la plupart des Librevillois se terraient hier chez eux, rivés aux écrans de télévision ou le transistor collé à l??oreille. Commerces et lieux de plaisir étaient fermés. Si taxis et minibus de transport public continuaient à circuler, la capitale gabonaise ressemblait à une ville fantôme. Peurs justifiées? Les prochains jours le diront??
Makon ma Pondi

Ne manquez aucune actualite !

Google Suivez-nous sur Google Actualites

Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *