Prorogation des mandats des députés : Le gouvernement camerounais ignore les députés

Cette loi très controversée a finalement été adoptée  malgré les réserves de l??honorable Jean Jacques Ekindi du Mouvement progressiste et de nombreux autres élus de la nation. C??était hier, lundi 2 avril 2012,  au cours d??une séance plénière à l??hémicycle du palais des verres de Ngoa-Ekélé.Ce n??est plus un secret pour personne. Le mandat des députés à l??Assemblée nationale est prorogé de 6 mois, renouvelable selon les circonstances. C??est ce qui ressort de la séance plénière tenue lundi le 2

avril à l??hémicycle du palais des verres de Ngoa-Ekélé. Malgré les supplications des élus du peuple qui souhaitaient une prorogation d??au moins 12 mois, Amadou Ali, le vice Premier ministre chargé des relations avec les assemblées est resté inflexible. La loi a donc été adoptée telle que proposée par le pouvoir exécutif. C??est d??abord Roger Nkodo Ndang du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) qui a pris la parole pour démontrer que 6 mois est une période très insuffisante pour permettre d??inscrire près de 7 millions de Camerounais sur les listes électorales comme souhaité par le gouvernement, surtout avec la prise en compte des exigences de la biométrie. « Il faut sillonner les villages pour rencontrer le maximum d??électeurs. Avec l??imminence de la saison pluvieuse et le temps que cette loi va prendre pour être promulguée, je suis rassuré qu??on ira de report en report », a-t-il prémédité devant l??auguste chambre. Plusieurs autres députés prennent d??ailleurs la parole pour mettre de l??eau dans le moulin de leur collègue. En vain??Le coordonnateur du Mouvement progressiste (Mp) a pourtant jeté un pavé dans la mare. Il estime en effet qu??il ne revient pas au pouvoir judiciaire de déposer un projet de loi portant prorogation du mandat des députés, compte tenu de l??indépendance du pouvoir législatif.  Il estime même qu??il n??y a aucun cas de force majeur, et qu??un tel projet de loi n??a pas sa place, en ce sens que gouverner, c??est prévoir. Le « chasseur du lion » pense plutôt que le dépôt de ce projet de loi doit être interprété comme une défaillance du gouvernement. « L??Assemblée n??a pas pour vocation de faire des lois éventuelles et circonstancielles. Je ne voterai pas contre parce que c??est le moindre mal. Mais je ne voterai pas pour parce que c??est un mal », a tranché Jean Jacques Ekindi. En réponse à toutes les doléances des députés qui souhaitent une prorogation d??au moins 12 mois, le vice Premier ministre, ministre délégué à la présidence chargé des relations avec les assemblées a soutenu mordicus que c??est le fruit d??un consensus national. « La société civile, les partis politiques et même les partenaires du Cameroun ont souhaité la modernisation du système électoral. Le président de la République l??a compris. On doit plutôt s??en réjouir. Moi-même je n??ai pas les éléments pour soutenir le point de vue selon lequel 6 mois suffisent pour être prêt. Mais je pense que la loi nous autorise un renouvellement », défend le vice Premier ministre qui indique que si tous se passe comme prévu, le corps électoral pourrait être convoqué le 20 février 2013. Alors que nous allions sous presse, l??on annonçait le dépôt sur la table des députés, du projet de code électoral unique ayant fait l??objet de plusieurs concertations. Des indiscrétions indiquent que le nouveau code fixe le montant de la caution pour les candidats à l??élection présidentielle à 30 millions de francs au lieu de 5 millions Fcfa comme c??était jusqu??ici le cas. La caution pour la députation est fixée à 5 millions alors que pour briquer une mairie, il faut verser la somme de 100 mille francs dans le Trésor public.

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