Présidentielle au Cameroun : à quelques semaines du scrutin d’octobre, la capitale camerounaise connaît une frénésie de chantiers routiers sans précédent. Ces 150 milliards de F CFA investis dans l’opération « Yaoundé intra-muros sans nids-de-poule » soulèvent des questions sur le timing électoral. Les Yaoundéens découvrent enfin des routes praticables, mais à quel prix démocratique ?
Des chantiers qui divisent l’opinion publique
Depuis mai 2025, la ministre Célestine Ketcha Courtès supervise cette transformation urbaine d’envergure. L’opération vise 100 kilomètres de voiries dans dix arrondissements de la capitale.
« À chaque élection présidentielle, on lance des chantiers pour faire croire qu’on travaille », témoigne Christian Zoa, commerçant à Biyem-Assi. Cette méfiance populaire reflète un schéma récurrent observé lors des précédents scrutins.
Les axes Mess-des-Officiers et rond-point Nlongkak figurent parmi les premiers chantiers livrés. Mais pour Parfait Mbvoum, analyste politique, « il ne fait aucun doute que ces travaux font partie de la stratégie de campagne du pouvoir ».
La mairie de Yaoundé se défend vigoureusement. Dominique Mbassi, responsable communication municipale, invoque le plan municipal adopté en décembre 2024. Il attribue les retards aux « procédures de passation de marchés trop lentes ».
L’urbanisme de dernière minute questionné
Cette opération massive mobilise quatre entreprises BTP et cinq municipalités via des contrats de gré à gré. Un ingénieur en travaux publics, sous anonymat, dénonce un « urbanisme de l’après-coup, une solution cosmétique qu’on ne peut pas dissocier de l’événement qui approche ».
Jean Eboumbou, chauffeur de taxi depuis quinze ans, reste pragmatique : « Qu’on mette enfin en place une véritable politique de gestion des infrastructures ». Mais il doute de la continuité post-électorale.
Les embouteillages persistent malgré les travaux. Au carrefour Coron Mvog-Mbi et à la Poste centrale, les files s’allongent quotidiennement. Cette situation paradoxale alimente les critiques sur la planification urbaine.
Présidentielle au Cameroun : ces investissements tardifs interrogent sur les priorités gouvernementales. Entre nécessité urbaine et calcul électoral, les Yaoundéens restent partagés sur ces chantiers providentiels.
L’élection d’octobre révélera-t-elle une nouvelle vision urbaine ou confirmera-t-elle les soupçons d’opportunisme politique ?
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Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l'actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l'Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s'attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu'ils soient au pays ou dans la diaspora.
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