Préparation du budget 2018: Voici pourquoi Paul BIYA prescrit une grande rigueur

biya assis

La récession mondiale est réelle. La crise économique est bel et bien là. Elle est commutative. Communicative. Internationale. Nationale.
Même si le Cameroun ne subit pas de plein fouet les affres de la crise pétrolière qui s’abat plus drastiquement sur les pays ayant fait de l’or noir, le porte étendard de leurs échanges économiques, à l’instar de la Guinée équatoriale, du Tchad, du Congo et du Gabon, le Cameroun qui s’en sort mieux que les autres Etats de la CEMAC (grâce à la diversité de sa production économique) se doit toutefois de surveiller ses dépenses, et de bien gérer son budget. C’est la sage option prise par le président de la République le 20 juin dernier, à travers la traditionnelle circulaire de préparation du budget. Aux ordonnateurs de dépenses, le président Paul Biya explique explicitement qu’il est question de poursuivre et surtout d’amplifier la politique de développement économique, social et culturel sous-tendue par le DSCE, « y compris les stratégies sectorielles, en cohérence avec le programme économique et financier 2017-2019 en cours de négociation avec le FMI ». Cependant, le budget 2018 « devra, de manière générale, tenir compte de la conjoncture économique nationale et internationale ». Est-il besoin de souligner que la préparation du budget de l’Etat pour l’exercice 2018 se déroule dans un contexte international marqué par la crise économique mondiale et dans la zone CEMAC, strangulée par  la chute des cours du pétrole et la situation sécuritaire rendue difficile par les invasions de la secte islamiste Boko Haram ? Les prix du baril du pétrole qui restent bas et la guerre contre Boko Haram ont entraîné une grave crise économique et un ralentissement du pouvoir d’achat des populations. Au Cameroun, bien que la diversification de l’économie ait quelque peu sauvé les meubles, le Chef de l’Etat fait bien de prescrire à ses compatriotes une rigueur absolue dans la gestion transparente du prochain budget. Et même si l’avenir s’annonce radieux pour une croissance moins pénible, du fait de la résilience qui caractérise les Camerounais, il faut gérer le présent. Faire face à la crise. Selon le président Paul Biya, une bonne discipline budgétaire passe par des dépenses « strictement nécessaires ». Le président a d’autant plus raison que le libertinage observé à travers les dépenses et les détournements met en péril la stabilité de notre économie, au risque de plonger le Cameroun dans l’abime financière comme c’est bien souvent le cas dans certains pays voisins, cette rigueur budgétaire passe notamment par la réduction du train de vie de l’Etat, surtout pour ce qui concerne les achats de biens et services, il faut tenir compte de la révision de la mercuriale des prix. Le président fait bien de prescrire la rationalisation des dépenses conjecturelles liées aux fonctionnements des comités et commissions, il en est de même pour la consommation de téléphone et les répartitions des véhicules administratifs etc…

Emploi jeunes, mode d’emploi
Les directives spéciales du chef de l’Etat portent un accent particulier sur le parachèvement du Plan d’urgence triennal pour l’accélération de la croissance qui s’étale de 2016 à 2018, sans oublier l’accélération de chantiers et travaux inhérents aux préparatifs de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) qu’abritera le Cameroun en 2019. Bien plus, Paul Biya se fait des soucis pour sa jeunesse, le fer de la nation, qu’il met un accent particulier sur l’exécution du Plan Triennal «Spécial Jeunes» 2017-2019. Bien entendu, tous les chapitres sus-évoqués constituent des priorités que devra amorcer le budget 2018. L’emploi des jeunes fait partie des préoccupations du chef de l’Etat. Outre l’encouragement dans l’investissement dans les nouvelles technologies de l’information et l’économie numérique, la promotion des activités agropastorales et agroindustrielles est un couloir que le gouvernement devra encourager et encadrer dès l’exercice 2018. Mais la circulaire présidentielle ne prescrit pas seulement une rigueur absolue dans la gestion des dépenses, elle s’intéresse aux recettes éventuelles permettant son opérationnalité. Pour Paul Biya, cette mobilisation des recettes devra être sous-tendue par l’élargissement de l’assiette fiscale et la sécurisation des recettes, le renforcement de la lutte contre l’évasion et la fraude fiscales, ainsi que la rationalisation de la dépense fiscale. La taxe foncière fait partie des leviers à actionner et à moderniser tout autant qu’il est souhaitable de mettre un bémol sur un endettement raisonnable et soutenable de l’Etat. Fort à propos, Paul Biya précise qu’il ne faut pas s’endetter pour s’endetter… il faut s’endetter en se fondant sur  la viabilité financière des projets et leur rentabilité à moyens termes. Pour cela, recommande le chef de l’Etat, afin d’assurer une gestion optimale et transparente de l’endettement de l’Etat, le recours au Comité national de la dette publique (CNDP) devra être systématique et obligatoire. Ce qui met fin au libertinage observé dans l’endettement libertaire de l’Etat. Le chef de l’Etat attache du prix à l’application rigoureuse des directives contenues dans la circulaire du 20 juin 2017 relative à la préparation du budget de l’Etat pour l’exercice 2018.

Par Justin Xavier Tchaptat, économiste

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