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Cameroun : le scandale du poisson pourri qui ne finit pas

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Au Cameroun, le poisson pourri circule sur les marchés. Ce n’est pas nouveau, ce n’est pas un accident isolé. C’est un problème installé, documenté, régulièrement dénoncé — et pourtant toujours présent. Derrière chaque saisie spectaculaire, une réalité s’impose : le système de contrôle ne fonctionne pas. Et ce sont les consommateurs qui en paient le prix, parfois très cher.

Des saisies qui révèlent l’ampleur du problème

Les faits parlent d’eux-mêmes. En 2022 à Obala, plusieurs tonnes de produits halieutiques avariés ont été saisies et détruites. Des opérations similaires ont été menées dans des poissonneries à travers le pays par le MINEPIA — le ministère en charge de l’élevage et des pêches. Descentes sur le terrain, destructions publiques, communiqués officiels.

Mais ces interventions, aussi visibles soient-elles, n’ont pas changé grand-chose. Elles se répètent. Et leur répétition est précisément le problème : elle prouve que le phénomène persiste, malgré les alertes.

Les causes sont connues. Ruptures de la chaîne du froid, équipements défaillants, stockage approximatif. Mais surtout une logique purement commerciale : écouler à tout prix des stocks anciens, souvent déjà impropres, en les bradant sur les marchés locaux. Ce n’est pas une erreur. C’est un choix délibéré.

Une tolérance qui coûte cher aux Camerounais

Consommer du poisson avarié expose à des intoxications alimentaires graves : vomissements, infections intestinales, complications pouvant nécessiter une hospitalisation. Les populations les plus vulnérables — enfants, personnes âgées — sont les premières touchées.

Le problème, c’est que l’information existe. Les Camerounais savent. Les autorités savent. Mais tant que les sanctions restent faibles ou irrégulières, les pratiques continuent. Vendre du poisson pourri est aujourd’hui plus rentable que respecter les normes. C’est aussi simple que ça.

Le contrôle échoue. Soit il est insuffisant en moyens, soit il est contourné par des acteurs qui connaissent les failles, soit il manque tout simplement de fermeté. Dans tous les cas, il ne dissuade pas.

Pour que les choses changent réellement, il faudra aller au-delà des saisies ponctuelles. Des sanctions systématiques, des contrôles permanents et une responsabilisation claire des acteurs de la chaîne sont indispensables. Sans cela, le poisson pourri continuera de circuler — et les Camerounais de l’acheter sans le savoir.

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✍️ À propos de l'auteur
Laurent Diby
Laurent Diby

Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais.

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