Gaz domestique : la pénurie SCTM plombe le marché à Yaoundé

Pénurie gaz SCTM – bouteilles rouges introuvables à Yaoundé

Une bouteille de gaz SCTM à 6 500 francs, quand on la trouve encore, et des vendeurs qui bricolent avec le charbon en attendant. La pénurie de gaz domestique frappe Yaoundé et le reste du pays depuis plus d’un mois, avec la marque au « bidon rouge » pratiquement introuvable dans les points de vente. En cause, une dette non réglée par la Société Camerounaise de Transformation Métallique auprès de la Société Camerounaise des Dépôts Pétroliers.

Une dette qui bloque tout depuis juin 2026

Selon une source anonyme à la SCDP, l’organisme national chargé du stockage et de la distribution des produits pétroliers, la SCDP a suspendu ses livraisons à SCTM depuis plus de deux mois. La raison est simple : une dette importante que l’entreprise traîne depuis un moment. Résultat, une rareté généralisée de la marque sur le marché depuis juin 2026.

Le chiffre fait mal quand on sait que SCTM représente environ 38% du marché camerounais du gaz domestique. C’est le principal distributeur du pays. Sa disparition soudaine des étals n’est pas un simple accroc, c’est un vrai trou dans l’approvisionnement national.

Talla George, revendeur à Yaoundé, le confirme sans détour. « L’approvisionnement en gaz domestique est perturbé depuis plus d’un mois. Cela a affecté notre commerce et nos revenus », explique-t-il. Les usagers sont forcés d’échanger leurs bouteilles contre d’autres marques disponibles, moyennant un supplément de 1 000 à 10 000 francs selon la taille du cylindre.

Le charbon comme solution de repli, franchement inquiétant

Kye Christian, utilisateur domestique depuis deux ans de la bouteille de 12,5 kilogrammes à 6 500 francs, a dû se rabattre sur le charbon et le bois de chauffe. Il économise en même temps pour échanger sa bouteille vide contre une marque disponible.

Pendant ce temps, certains vendeurs profitent de la situation. Satia Claudia raconte avoir payé récemment 15 000 francs pour un remplissage, plus du double du prix normal. « Cela pèse sur les finances et le quotidien », dit-elle.

Difficile de ne pas y voir un problème structurel qui dépasse largement SCTM. Quand un acteur qui pèse plus du tiers du marché tombe, c’est tout l’écosystème du gaz domestique qui vacille, et les ménages les plus modestes qui trinquent en premier.

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✍️ À propos de l'auteur
Laurent Diby
Laurent Diby

Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: laurentdiby@237online.com

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