La deuxième session ordinaire de l’année législative 2026 s’ouvre ce 9 juin au Cameroun. Députés et sénateurs reprennent leurs hémicycles respectifs, le Palais de verre Paul Biya à Ngoa-Ékellé pour les uns, le siège du Conseil économique et social au quartier Dragages pour les autres. Au menu principal : le Débat d’orientation budgétaire, qui va cadrer la préparation du budget de l’État pour l’exercice 2027.
Le DOB, pièce maîtresse de cette session
Deux mois de vacances. Et le retour se fait sans détour.
Conformément à la loi de juillet 2018 portant régime financier de l’État et des entités publiques, la session de juin est traditionnellement celle du Débat d’orientation budgétaire. Le DOB permet au parlement d’intervenir en amont de la procédure budgétaire, avant même que le projet de loi de finances soit finalisé par le gouvernement.
Des experts en finances publiques cités dans les colonnes de Mutations le formulent simplement : le DOB « offre au législatif l’opportunité de débattre chaque année avec le gouvernement de la soutenabilité des finances publiques, à travers un meilleur suivi des déficits publics et de l’endettement. » L’objectif affiché est de créer les conditions pour des lois de finances stables sur le moyen terme.
Cette session se déroule dans un contexte marqué par plusieurs contraintes extérieures, entre guerres en Europe, tensions au Proche-Orient et ajustements économiques qui pèsent sur les équilibres budgétaires du Cameroun. Autant de raisons pour lesquelles le budget initial risque d’être revu, avec un collectif budgétaire possible en parallèle.
Ce que les parlementaires attendent
Les prises de position recueillies avant l’ouverture de session sont révélatrices des tensions qui traversent l’hémicycle.
Le député UDC Koupit Adamou a annoncé le dépôt d’une nouvelle proposition de loi, dont le contenu sera révélé « le moment venu ». Il a aussi réclamé que le gouvernement respecte les délais de transmission des documents budgétaires, une exigence qui revient presque à chaque session.
Du côté du Sénat, Jean-Marie Mama, sénateur RDPC, attend un débat sérieux sur la loi portant fiscalité locale, « dont l’implémentation fait tant de vagues. » Son collègue Emmanuel Sourouhoul, sénateur RDPC du Nord, dit avoir « constaté pendant l’inter-session que les pouvoirs publics étaient à l’œuvre dans la région du Nord », et entend veiller aux intérêts des collectivités territoriales décentralisées.
Pourtant, c’est la déclaration du sénateur SDF Mochiggle Vanigansen qui tranche avec le reste. En anglais, il a dit regretter que l’agenda parlementaire soit décidé par l’exécutif, et réclamé une loi sur l’euthanasie ainsi qu’une législation déléguée pour rendre la décentralisation réelle. Un discours qu’on n’entend pas souvent en séance plénière.
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Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l'actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l'Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s'attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu'ils soient au pays ou dans la diaspora.
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