L??ex-Minsanté et les six autres accusés, présents hier au tribunal de grande instance du Mfoundi doivent répondre des faits de détournement de deniers publics. L??affaire a été renvoyée au 17 mars 2010. Urbain Olanguena Awono et ses cinq coaccusés étaient présents hier, mardi 16 février 2010, devant la barre du Tgi du Mfoundi siégeant en matières criminelles dans l??affaire Ministère public et ministère de la Santé contre Olanguena Awono et autres, accusés de détournement, tentative de détournement et complicité de détournement de deniers publics.
Il est 11 heures lorsqu??un pick-up Mitsubishi, double cabine, de couleur blanche, fait son entrée par la façade principale du palais de justice de Yaoundé. A son bord et confortablement installé à la première cabine, Urbain Olanguena Awono. C??est l??air plutôt jovial, une pile de dossiers sous le bras et élégamment vêtu d??un costume strict sombre, que l??ex-Minsanté fait son entrée dans l??enceinte du palais de justice de Yaoundé. Son escorte mixte – une dizaine de gendarmes et quelques gardiens de prisons – ne le lâche pas d??une semelle, épiant ses moindres faits et gestes. Les consignes sont claires : interdiction formelle de filmer. L??équipe de reportage de la Crtv l??apprend à ses dépends. Le cameraman qui tente d??immortaliser ces moments historiques est délesté de sa camera, confisquée par le chef d??escorte, un jeune lieutenant de gendarmerie. « Nous avons eu le feu vert du président du Tgi pour filmer à l??extérieur », proteste le reporter de la Crtv qui, après conciliabules, finit par se voir remettre la camera.
L??incident clos, Urbain Olanguena Awono peut prendre place aux premières loges dans l??enceinte de la grande salle d??audience de la cour d??appel du Centre. Il est suivi par les cinq autres accusés débarqués, quelques minutes plus tôt, à bord d??un minibus affrété par l??administration pénitentiaire. Il échange longuement avec son conseil Me Assamba Claude avant l??ouverture de l??audience.Le temps suspend presque son vol lorsque, à 12 heures, le greffier audiencier annonce l??entrée des trois juges, membres de la collégialité : Nomo, Chembou et Mpondo. Les sept accusés sont appelés à prendre place devant la barre. Urbain Olanguena Awono, Maurice Feuzeu, Raphaël Okalla, Hubert Wang, Rose Chia et Timothée Onana Belibi répondent présents. Seul Yves Soue Mbella, évadé de la prison de Kondengui en mai 2009, répond aux abonnés absents. La suite de l??audience est consacrée au dépôt des lettres de constitution des 14 avocats de la défense. Le représentant de l??Etat du Cameroun est appelé devant la barre et prend place à côté des deux représentants du parquet. « Avez-vous déjà constitué un avocat ? », s??enquiert la présidente Nomo. « Nous avons constitué Me Onambelé, mais il est absent », rétorque-t-il. « Etes-vous dépositaire d??un acte ou d??un mandat qui vous habilite à représenter l??Etat du Cameroun dans ce procès ? », s??inquiète Mme Nomo. En guise de réponse, le représentant de l??Etat exhibe sa carte nationale d??identité et précise que le mandat est en cours d??élaboration.
Ultime préoccupation de la présidente du tribunal : « Les listes des témoins, s??avise-t-elle, ont-elles déjà été communiquées de part et d??autre ? ». Tous les avocats de la défense, à quelques deux exceptions près, déclarent avoir communiqué leurs listes de témoins à la partie civile et au Parquet. Une formalité que ne s??est pas empressé d??accomplir le représentant du ministère public : « nous avons déjà préparé notre liste des témoins, se défend-t-il, nous la communiquerons aux avocats de la défense ».« En attendant la communication réciproque des listes de tous les témoins, tranche la présidente Nomo, la cause est renvoyée au 17 mars 2010 ».Image de sortie d??audience, l??ex-Minsanté, souriant, échange longuement avec ses trois conseils, s??attarde en chaleureuses embrassades avec ses très nombreux proches accourus pour lui témoigner leur sympathie, reçoit des uns et autres des encouragements, avant de s??engouffrer dans son pick-up, toujours sous forte garde, en direction de Kondengui, la prison centrale de Yaoundé.Rappel des faits de l??affaire Olanguena
Urbain Olanguena Awono a été interpelé le 31 mars 2008 et écroué à Kondengui quelques plus tard. Ses six coaccusés et lui sont poursuivis pour détournement, tentative de détournement et complicité de détournement de deniers publics de l??ordre de 700 millions Fcfa, détournements perpétrés dans le cadre de certains programmes du ministère de la Santé. Il s??agit des fonds alloués à la lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose. Le montant des sommes détournées s??élevait à 14,8 milliards Fcfa avant l??ouverture de l??information judiciaire. En rendant son ordonnance de clôture de l??information judicaire le 1er octobre 2009, le juge d??instructio, David Donhou abandonnera les poursuites contre 07 des 14 accusés. Sont finalement traduits devant le tribunal :1-Urbain Olanguena Awono, détournement de 414 millions Fcfa ;
2-Maurice Feuzeu, détournement de 22,2 millions Fcfa ;
3-Raphaël Okala, détournement de 1,4 million Fcfa ;
4-Hubert Wang, détournement de 13 millions Fcfa ;
5-Rose Chia, détournement de 158 millions Fcfa ;
6-Timothée Onana et Yves Soue Mbella, détournement de 80 millions Fcfa.
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