Mort d’Emmanuel Gérard Ondo Ndong, ex-DG du Feicom, symbole de l’Épervier

Ondo Ndong – ex-DG Feicom mort après sa libération

Emmanuel Gérard Ondo Ndong est mort dans la nuit du 15 août 2026, quelques mois seulement après sa libération. L’ancien directeur général du Feicom avait retrouvé la liberté le 21 février dernier, après près de vingt ans de détention. Franchement, difficile de ne pas y voir un symbole : l’un des visages les plus marquants de l’opération Épervier s’éteint à peine sorti de prison.

Une vie qui bascule en 2005

Ondo Ndong dirige le Feicom de 2001 à 2005. Ces années font de lui un homme puissant, écouté à Yaoundé comme dans son fief d’Ambam, dans la Vallée du Ntem. Et puis tout s’arrête net en novembre 2005, quand il est limogé.

L’opération Épervier, lancée en 2006 pour traquer la corruption au sommet de l’État, le rattrape quelques mois plus tard. Les enquêteurs parlent de détournements estimés à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA. Résidences, hôtels, stations-service : l’État finira par saisir un patrimoine immobilier conséquent, construit sur ces malversations présumées.

La justice le condamne d’abord à 50 ans de prison ferme en 2007. La peine sera revue plusieurs fois, jusqu’à cette décision finale de la Cour suprême en 2013 qui fixe la sanction à 20 ans. Il purge l’essentiel de sa peine à la prison du SED, à Yaoundé.

Vingt ans de prison, six mois de liberté

On ne sait pas encore précisément ce qui a causé ce décès, mais les témoignages sur son état de santé en détention laissaient peu de doute sur sa fragilité. Un homme hospitalisé à plusieurs reprises, affaibli, très loin du dirigeant influent qu’il avait été.

Le chiffre fait mal, il faut le dire. Vingt ans d’incarcération pour six mois de liberté retrouvée, c’est un rappel brutal du prix humain de l’opération Épervier, au-delà des chiffres de détournements et des biens saisis.

Son parcours dit quelque chose de plus large sur cette campagne anticorruption. Ceux qui l’ont vécue de l’intérieur en ressortent souvent brisés, quand ils en ressortent.

Pourtant, il n’a jamais rompu avec le pouvoir en place, appelant même à voter Paul Biya depuis sa cellule en 2011. Ce détail résume peut-être toute l’ambiguïté de sa trajectoire.

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✍️ À propos de l'auteur
Alain-Claude Ndom
Alain-Claude Ndom

Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

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