Nsappé PK21 : Ventes de terrains malgré l’annulation du titre

Conflit foncier Nsappé – ventes illégales malgré titre annulé

Un titre foncier annulé par la justice, mais des ventes qui continueraient comme si de rien n’était. À Nsappé PK21, dans l’arrondissement de Douala V, les habitants dénoncent la poursuite de transactions sur leurs parcelles, malgré une décision de justice rendue le 12 juin 2026 en leur faveur. Le dossier traîne depuis des années. Il ne semble pourtant pas plus près d’être réglé.

Une victoire judiciaire qui ne change rien sur le terrain

Le litige porte sur un titre foncier d’environ 16 hectares, englobant l’intégralité du quartier et les habitations de nombreux riverains installés là depuis longtemps. Après une longue procédure, la justice a tranché. Le titre jugé frauduleux a été annulé.

Une victoire, disent les habitants. Mais une victoire qui, sur le terrain, ne se traduit par rien de concret pour l’instant.

Selon les témoignages recueillis, le dénommé Pascal Tekam et ses associés continueraient de vendre des parcelles sur ce même site, comme si la décision judiciaire n’avait jamais existé. Des vidéos tournées au drone circuleraient même sur Facebook, présentant le quartier entier comme un terrain à vendre. Difficile de ne pas y voir une provocation, à ce stade.

Un climat de peur qui s’installe

Le signal envoyé aux habitants est inquiétant. Harcèlement, pressions, menaces de déguerpissement, la liste des griefs s’allonge.

Ce qui inquiète le plus les riverains, c’est l’arrivée potentielle de nouveaux acquéreurs persuadés d’acheter légalement. Ces acheteurs, convaincus de la régularité des transactions, risquent de se retrouver eux-mêmes en plein conflit, sans le savoir. Le terrain devient alors un terrain miné, au sens propre comme au figuré.

Ce dossier n’est malheureusement pas isolé. Douala concentre une bonne partie des contentieux fonciers du pays, portée par une pression immobilière que la ville n’arrive plus vraiment à encadrer. Les titres multiples, les ventes contestées, les décisions de justice qui peinent à s’appliquer sur le terrain, ça pose question sur la capacité réelle des autorités locales à faire respecter le droit une fois le jugement rendu.

Les habitants réclament désormais l’intervention du Sous-préfet de Douala V, du Préfet du Wouri, du Gouverneur du Littoral et du ministre des Domaines et Affaires foncières. On ne sait pas encore si cet appel sera entendu à temps.

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✍️ À propos de l'auteur
Alain-Claude Ndom
Alain-Claude Ndom

Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

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