La natation camerounaise prépare silencieusement sa relève dans les eaux calmes du quartier Kotto, à Douala. Des dizaines d’enfants viennent tout juste de boucler un stage intensif de détection et d’initiation piloté par l’Association Sportive La Performance Olympique (ASPO). Pas de chichis ici. Entre les médailles d’or fièrement arborées et les sourires épuisés, on sent que quelque chose de sérieux et de structuré s’est joué ce week-end. Les vacances scolaires débutent à peine et ces jeunes nageurs savent déjà parcourir 25 mètres sans la moindre hésitation.
Des brasses, du crawl et des vies sauvées à Kotto
Le projet est né d’un constat tout simple : la sécurité dans l’eau s’apprend dès le plus jeune âge, sous peine de drames évitables. Pour y remédier, l’équipe technique de l’ASPO a quitté sa base de Yaoundé pour encadrer environ une trentaine de jeunes nageurs dans le bassin semi-olympique de la Gims Academy. C’est quand même formidable de voir ça, mais combien de nos quartiers possèdent réellement de vraies infrastructures aquatiques publiques sécurisées pour que ces gamins continuent de s’entraîner après la fin de la saison sèche et des vacances scolaires ? Durant plusieurs journées consécutives, ces athlètes en herbe ont appris à dompter le crawl ainsi que la brasse classique sur une longueur réglementaire. Clovis Prosper Nong, promoteur du projet, martèle que savoir nager sert d’abord à se préserver du danger avant d’être une discipline compétitive. Et l’enseignement ne s’est pas arrêté là puisqu’ils ont aussi répété des gestes de premier secours avec des planches ou des frites de piscine pour porter assistance en cas de détresse. C’est un savoir précieux.
Une bouée de sauvetage contre l’indifférence publique
La noyade reste un fléau trop souvent ignoré dans nos métropoles et l’accès aux bassins demeure un luxe réservé à une minorité d’enfants privilégiés. Difficile de ne pas y voir une négligence collective face à un besoin vital. Franchement, c’est vital. On ne sait pas encore si ces stagiaires enthousiastes rejoindront un jour les rangs professionnels de la natation camerounaise, mais les bases fondamentales de leur survie sont bel et bien acquises. Les familles, venues en masse assister à la clôture de cette session d’apprentissage, ne cachaient pas leur soulagement de voir leurs enfants repartir avec un diplôme officiel et une médaille de participation autour du cou. C’est une vraie victoire. Une lueur d’espoir.
Le stage de Douala ferme ses portes sur un succès populaire retentissant, mais le manque criant de piscines publiques reste un obstacle majeur. Espérons que cette initiative privée réveille enfin les décideurs du sport national.
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Journaliste sportif pour 237online.com, Jean-Claude Mbida couvre l'actualité du sport camerounais et africain.
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