Politique

Municipales 2020: Des rixes aux investitures Rdpc dans le Logone et Chari

El Hadj Tallaf est pointé du doigt, alors que ses partisans dénoncent une chasse aux sorcières.

Les investitures Rdpc en vue des législatives et municipales 2020 dans le Logone et Chari n’ont pas été un long fleuve tranquille. Elles ont débouché dans la nuit du 21 novembre dernier sur des rixes entre les partisans des candidats en lice dans les locaux du projet PDRI, qui servait de quartier général à la commission départementale d’investiture pour les municipales. Les mécontents du processus s’en sont violemment pris au chauffeur de la tete liste de la commune de Kousseri, Toudjani Alifa. Les mêmes ont arraché, puis déchiré les dossiers des candidats de la commune de Blangoua, avant d’incendier des pneufs au carrefour Total. Des actes de violence imputés à El Hadj Tallaf. Ce dernier espérait mettre la main sur au moins trois communes, notamment celles de Kousseri, de Logone et Birni et surtout celle de Makary qui est la plus grande de toutes les communes du Logone et Chari où il comptait relancer son neveu Acheik Alamine Aboukress après y avoir été délogé en 2013 par l’actuel maire sortant Abgassi Emma.

El Hadj Tallaf fût un homme d’affaires prospère. Il a bâti sa fortune dans la fourniture du pétrole importé du Nigéria et revendu à la société Tchadienne d’eau d’électricité (STEE). Depuis que le Tchad produit et même exporte le pétrole, ses affaires ne sont plus au beau fixe. Il s’est reconverti dans les marchés publics de l’Etat avec plus ou moins de succès, la qualité de ses travaux étant parfois mise en cause. C’est ainsi qu’il s’est rabattu sur les communes qu’il souhaite contrôler. D’où son acharnement obsessionnel à vouloir placer le maximum de ses propres pions à la tête des communes.

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Pour y parvenir, il a opéré un rapprochement en direction du ministre Adoum Gargoum qui souhaitai lui aussi et selon des indiscrétions, changer les maires du Logone et Chari à l’exception de celui de Logone-Birni, son fidèle Danna Haman. Malheureusement, le comité central du Rdpc ne lui a pas confié la présidence de la commission départementale de présélections des conseillers municipaux. D’où le désarroi dans le clan Tallaf et d’autres alliés politiques du ministre Adoum Gargoum. Dans le Logone-Birni, le poulain de Tallaf, Danna Haman, maire sortant qui croyait en la toute-puissance de son protecteur politique, a refusé de déposer les dossiers de sa liste auprès de la commission communale, et ce malgré l’insistance du sénateur et sultan de Logone-Birni, SM Mahamat Bahar. Danna quittera le quartier général de la commission communale installée à Logone-Birni pour venir s’installer à Kousseri.

Sur place, la commission communale de Logone-Birni a travaillé avec les trois autres listes concurrentes. Ce travail a abouti à une liste consensuelle.
A Kousseri, Mahamat Abisso Adef, ancien conseiller municipal soutenu par son oncle Tallaf a décidé d’avoir sa propre liste, sans savoir que la composition d’une liste coûte beaucoup d’énergie et de temps. Il aura donc été le dernier à déposer sa liste, alors que les trois autres listes, lasses d’attendre une hypothétique 4e liste avaient déjà entamé des pourparlers en vue de la formation d’une liste consensuelle avec le concours du sultan de Kousseri et du président de la commission communale de Kousseri qui jouait les facilitateurs. Une liste consensuelle dirigée par Toudjani Alifa a été finalement mise sur pied.

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La liste de Mahamat Abisso, la 4e arrive, est arrivée plus tard, en soirée. Elle sera reçue et enregistrée normalement, en dépit d’une centaine de badauds excités qui ont fait intrusion dans le quartier général de la commission. Ils étaient prêts à créer le désordre et commettre des actes de violence. Les partisans de l’homme d’affaires réfutent cette lecture des faits. «Tallaf a soutenu des candidats qui se sont retrouvés en difficulté, mais personne ne peut apporter la preuve qu’il est derrière la contestation des militants», informe Brahim Moussa, un militant de Kousseri.

Douworé Ousmane

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