Mineurs et jeux de hasard : Autorités et forces de l'ordre camerounais au banc des accusés

La société civile exige que des mesures fortes soient prises pour lutter contre la dépendance des mineurs vis-à-vis des jeux de hasard.«L??école aux écoliers, le pari aux parieurs». Tel est le thème de la campagne de sensibilisation et d??information entreprise depuis mardi 28 février et ceci jusqu??au 11 mars 2012 par le conseil national de la jeunesse du Cameroun-branche du Wouri (Cnjc-W). Cette campagne résulte du constat effectué au

sein de la population jeune par les responsables des associations membres du Cnjc-W. Car de plus en plus, les jeunes mineurs sont friands de jeux d??argent avec des conséquences comme la délinquance juvénile, l??école buissonnière, le vol, la dépendance??D??après Alphonse Ayissi Abéna, vice-président du Cnjc-W, «le Cnjc s??est donné pour mission d??informer et d??aider les jeunes, les familles, les milieux scolaires, les intervenants et les agences gouvernementales dans le but non seulement de minimiser les impacts négatifs de la participation des jeunes aux jeux d??argent, mais surtout de favoriser la protection des mineurs d??âge».Il poursuit : «le jeu relève du rêve et du loisir. Il doit le rester. Dès que le joueur devient excessif, le rêve se transforme en enfer. Le principe du jeu responsable est de faire perdurer la liberté du joueur. Par ailleurs dans un souci de responsabilité sociale, la publicité pour les jeux d??argent ne doit pas dévaloriser  le travail ou les études, en se présentant comme moyen facile ou plus intelligent de réussir dans la vie». Un doigt accusateur est pointé sur les parents d??élèves. «Il faut qu??ils cessent d??envoyer leurs enfants valider leurs jeux de hasard. C??est ainsi que les mineurs sont contaminés». Et les autorités gouvernementales. «Malgré le fait que ce sont des entreprises citoyennes qui utilisent beaucoup d??employés, il faut que les autorités contrôlent leurs activités. Comment admettre la présence des kiosques près des établissements scolaires ? Comment comprendre que des jeunes jouent au damier, ludo et cartes au vu et au su de tous en en toute impunité? Que les préfets se jettent à l??eau».Afin de protéger le jeune public, le Cnjc souligne la nécessité de ne pas diffuser de la publicité pour les jeux d??argent dans des contextes «jeunesse» et en appelle à la responsabilité des annonceurs, des agences, des régies et des médias. Ceci à travers la manière de s??exprimer, l??absence des mineurs dans les publicités, le refus de l??utilisation des références proches des jeunes, le refus de présenter un jeune parieur comme un héros et le refus de transformer le jeu d??argent en rite de passage à l??âge adulte. La société civile préconise par conséquent que les messages publicitaires doivent mentionner que les jeux d??argent sont interdits aux mineurs, à l??instar de «jouer comporte des risques :endettement, dépendance, isolement». Entre les jeux de cartes (poker, bridge), de dames, de dés, les courses hippiques, les machines à sous, ces acteurs sociaux dénoncent le vide juridique qui entoure ces jeux de hasard. Les résultats de cette campagne sont attendus. «Nous n??avons rien à nous reprocher car c??est en toute légalité que nous évoluons. Le jeune est libre de jouer ou non mais promettons de prêter une oreille attentive à ces doléances», dit un responsable d??une société de jeux.

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