Cameroun – Martinez Zogo : Biya instruit le tribunal militaire

Martinez Zogo affaire – lettre confidentielle de la Présidence de la République instruisant le tribunal militaire, Yaoundé décembre 2025.

Un document confidentiel fait trembler les colonnes de la justice camerounaise. Daté du 2 décembre 2025, une correspondance du Secrétariat général de la Présidence de la République transmet les « Très Hautes Instructions » de Paul Biya au Garde des Sceaux dans l’affaire de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo. Le message : pas de mise en liberté provisoire, le tribunal militaire doit aller au fond. L’exécutif peut-il dicter sa loi à la justice ?

La lettre, signée par Ferdinand Ngoh Ngoh, Ministre d’État et Secrétaire général de la Présidence, est sans équivoque. Elle prescrit au Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, de « veiller à ce que le Tribunal Militaire vide sa saisine au fond, sans aucune mise en liberté provisoire et dans le strict respect des règles de la procédure ». Un ordre précis, formulé noir sur blanc, dans un dossier judiciaire encore en cours à Yaoundé.

Engagement républicain ou immixtion dangereuse ?

Le lanceur d’alerte Shance Lion, qui a rendu publique cette correspondance, pose la question frontalement : « S’agit-il d’un engagement ferme pour éviter toute dérive… ou d’un précédent dangereux qui fragilise l’équilibre des pouvoirs ? »

Pour certains observateurs, ces instructions rassurent : elles garantissent qu’aucun accusé ne sera libéré avant le verdict final dans cette affaire qui a choqué tout le Cameroun. Pour d’autres, en revanche, voir l’exécutif dicter avec autant de précision la conduite d’un procès en cours constitue une atteinte grave à l’indépendance de la justice. Dans un État de droit, aucun pouvoir, aussi haut soit-il, ne devrait pouvoir orienter une procédure judiciaire.

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