Les services du Premier ministre indiquent vouloir au préalable organiser un atelier « aux perdiems exorbitants » sur la méthodologie d??élaboration des documents servant de tableaux de bord de l??activité des ministères. Les ministres ayant déjà peaufiné ledit document aux abois.Le palais des Congrès de Yaoundé abrite depuis hier, mercredi 04 janvier 2012, un atelier portant sur la méthodologie d??élaboration de la feuille de route. Coorganisée par la Primature avec l??expertise technique de Ismp, l??Institut supérieur de management public, cette rencontre s??adresse essentiellement aux responsables des départements ministériels chargés des questions budgétaires d??une part et chargés du corps de métier correspondant à chaque ministère, d??autre part. Seulement, le retard avec lequel cet atelier est organisé pourrait étonner plus d??un observateur. Ce d??autant plus que lors du tout premier conseil des ministres du gouvernement du 9
décembre 2011, le chef de l??Etat avait clairement instruit que les feuilles de route lui parviennent dans les 45 jours. Comment comprendre qu??une dizaine de jours après, on en est encore à organiser des ateliers ?La réponse à cette question est peut être simple. C??est celle qui a été donnée par l??un des exposants, plénipotentiaires des services du Premier ministre (primature) et figurant par ailleurs parmi les trois formateurs de l??atelier. Répondant à la question d??un participant représentant le ministère de l??Agriculture et du Développement rural. « Il y a des ministères qui ont même déjà fini leur feuille de route. Mais lorsqu??ils nous les transmettent, nous les leur renvoyons, parce qu??il fallait attendre la tenue de cet atelier », a confessé le formateur.Ce dernier reconnaît d??ailleurs qu??en 2009, les feuilles de route parties de la Primature en temps réel (début d??année), ne sont revenues de la présidence de la République qu??en fin d??année budgétaire, puis transmises aux ministres en février 2011 seulement. L??on se demande bien en pareille circonstance à quoi ont servi ces documents qui devraient pourtant permettre d??évaluer le niveau de réalisation de chaque ministère. « Surtout que l??argent du contribuable est mis à contribution pour confectionner ce document », se plaint-on dans la salle des travaux. Au ministère de l??Agriculture et du développement rural par exemple, des cadres qui constituent le corps de métier du département notent que les activités sont pilotées sur la base d??un calendrier agricole compte tenu de certains aléas climatiques (température, saisons sèche et pluvieuse). Mais très souvent, les projets pourtant inscrits dans la feuille de route ne sont presque jamais réalisés, du fait de la lenteur dans la mise en disponibilité des fonds. «Lorsque le calendrier agricole impose par exemple à réaliser un projet rural pour promouvoir le développement de l??agriculture en pleine saison pluvieuse. Et que l??argent parvient au ministère en novembre, cela pose un réel problème. Car le projet ne peut plus être réalisé. Orienter les fonds vers un autre projet fait courir le risque de détournement et d??imperfection dans le suivi», analyse un collaborateur du ministre Essimi Menye de l??Agriculture et du Développement rural.Il se murmure dans les rangs des participants à cet atelier qu??à présent que le séminaire a été validé, toutes les assurances ont été données par les représentants de la Primature que dès lundi prochain, tous les ministères pourront afin déposer les premières moutures de leur feuille de route à la Primature. Ceci pour une raison simple : l??atelier méthodologique d??élaboration de la feuille de route est terminé. Une façon de déclarer ouverte la réception des feuilles de route, bouclées depuis quelques jours, et bloquées par la Primature, pour des raisons??




