M. Bouteflika a une drôle d’ambition: mourir au pouvoir

Au festival Etonnants Voyageurs de Rabat, au Maroc, Boualem Sansal nous a expliqué pourquoi il n’y aura pas vraiment d’élections en Algérie le 17 avril prochain.[pagebreak]Les autres candidats ne comptent pas. Tout est réglé maintenant. La liste des candidatures est close. On a le président et M. Benflis. Les autres, ce n’est même pas la peine de retenir leurs noms. Ils sont une dizaine, ou une douzaine, mais de toute façon ces gens sont là pour se faire de l’argent. Parce qu’évidemment, les candidats sont financés. Un peu comme en France. Ils reçoivent de l’argent de l’administration, ils sont remboursés au prorata de leurs résultats, etc. Voilà. Pour le reste, M. Bouteflika est reconduit, donc autant faire court. Il va rester. Ce qu’on raconte en Algérie, c’est qu’il était vraiment prêt à tout parce qu’il a l’ambition de mourir au pouvoir. C’est une drôle d’ambition, mais c’est une ambition. Je ne sais pas pourquoi, les dictateurs nourrissent tous la même ambition. Sans doute parce que mourir au pouvoir, c’est mourir dans son lit.
Mais du coup, ils ne préparent pas du tout leur succession? Est-ce le cas du président Bouteflika?
En général, c’est même tout le contraire. Ils font absolument tout pour ne rien laisser émerger autour d’eux qui pourrait leur faire concurrence ou leur faire de l’ombre. Le dictateur est solitaire. C’est le chef de la meute et il tue tous ceux qui prétendent ou montrent des velléités de prendre un jour sa place.

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