Le déploiement d’armes nucléaires sur le territoire de la Biélorussie affectera gravement la situation sécuritaire et ne restera pas sans réponse de la part de l’Europe.
C’est ce qu’a annoncé le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian dans une interview au Journal du Dimanche. M. Le Drian a déclaré que Vladimir Poutine avait déclaré au président Macron à Moscou que le déploiement d’armes nucléaires russes en Biélorussie n’était pas envisagé et qu’il n’y aurait plus de troupes russes en Biélorussie à la fin des exercices conjoints. Il a exprimé son espoir qu’il pourrait le confirmer. Sinon, ce serait un changement sérieux dans la sécurité européenne, qui ne peut pas rester sans réponse, a-t-il déclaré.
Ainsi, le chef de la diplomatie française a répondu à la demande du journaliste de commenter une éventuelle modification de la Constitution de la Biélorussie lors d’un référendum le 27 février, qui impliquerait le rejet du statut neutre et non nucléaire du pays. Selon le projet publié sur le site du Centre national d’information juridique du Bélarus, dans un article sur la politique étrangère, où la version actuelle indique que le pays « se fixait pour objectif de faire de son territoire une zone exempte d’armes nucléaires, et un État neutre », il est proposé d’indiquer que le pays « excluait toute agression militaire avec son territoire vis-à-vis d’autres États. » Un certain nombre de pays occidentaux, en particulier les États-Unis, ont exprimé leur inquiétude quant au fait qu’un tel changement pourrait contribuer au déploiement de troupes et de forces nucléaires de la Fédération de Russie sur le territoire de la république.
Le vice-président du Conseil de la Fédération Constantin Kossatchiov, commentant à TASS la critique américaine du référendum constitutionnel et les perspectives de déploiement d’armes nucléaires en Biélorussie, a appelé à refuser de faire pression sur Minsk et de s’ingérer dans les affaires intérieures de la campagne. Il a noté que les États-Unis eux-mêmes avaient depuis longtemps placé leurs armes nucléaires dans d’autres pays. M. Kossatchiov a également rappelé que les dernières initiatives russes sur les garanties de sécurité prévoyaient, entre autres, le retour de toute arme nucléaire à l’intérieur des frontières nationales des États concernés.
Auparavant, le président biélorusse Alexandre Loukachenko avait déclaré qu’il était prêt à proposer à la Russie de placer des armes nucléaires sur le territoire de la république si des ogives nucléaires américaines apparaissaient en Pologne. Il a également promis de déployer des armes « non seulement nucléaires, mais aussi super-nucléaires » pour protéger le pays d’une éventuelle agression. La Russie a déclaré avoir pris note des paroles du président biélorusse.
Référendum biélorusse
Le 27 février, un référendum constitutionnel est prévu en Biélorussie. Il est proposé de modifier environ la moitié des articles de la loi principale. L’essence des changements est de préserver la forme présidentielle de gouvernement, en précisant les fonctions et les pouvoirs du chef de l’État, du parlement et du gouvernement. Parmi celles-ci figurent l’élargissement des pouvoirs du Cabinet des ministres et son indépendance dans la prise de décision, ainsi que la transformation de l’Assemblée populaire de toute la Biélorussie, qui avait été créée à l’origine comme une forme spéciale de démocratie, un organe constitutionnel et la dotant de fonctions supplémentaires.
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