Le Tchad depuis la mort du président Idriss Déby

Idriss Deby Itno

Les temps forts de la crise politique au Tchad depuis la mort en avril 2021 du président Idriss Déby Itno et la prise du pouvoir par une junte militaire dirigée par son fils, le général Mahamat Idriss Déby.

– Mort de Déby, Conseil militaire de transition –

Le 20 avril 2021, l’armée annonce le décès, la veille, du président Idriss Déby Itno, mort de blessures reçues au combat contre des rebelles. Fraîchement réélu pour un sixième mandat, il dirigeait le pays d’une main de fer depuis 30 ans et était un partenaire-clé des Occidentaux dans la lutte anti-jihadiste.

Un conseil militaire de transition (CMT) présidé par le général et fils du président défunt, Mahamat Idriss Déby, jusqu’alors chef de la redoutable Garde présidentielle, dissout le gouvernement et l’Assemblée nationale.

Il promet de nouvelles institutions après des élections « libres et démocratiques » dans dix-huit mois.

Les rebelles promettent de marcher sur N’Djamena et rejettent le CMT.

De nombreux pays saluent l’action du président défunt pour la stabilisation du Sahel. La France, ancienne puissance coloniale, « perd un ami courageux ».

– « Coup d’Etat institutionnel » –

Le 21, Mahamat Idriss Déby concentre tous les pouvoirs en vertu de la charte de transition.

Une trentaine de partis d’opposition dénoncent « un coup d’Etat institutionnel » et réclament « une transition dirigée par les civils (…) à travers un dialogue inclusif ».

– Funérailles de Déby –

Le 23, une douzaine de présidents assistent aux funérailles d’Idriss Déby Itno à N’Djamena. Le Français Emmanuel Macron, seul chef d’Etat occidental présent, et ses homologues des pays du Sahel promettent leur soutien à la junte, pour préserver la « stabilité » de leur allié dans la lutte anti-jihadiste.

L’Union africaine (UA) appelle au rétablissement rapide d’un régime civil.

Le 25, les militaires refusent de négocier avec les rebelles, qui se disaient ouverts à un cessez-le-feu.

– Premier ministre de transition –

Le 26, Albert Pahimi Padacké, dernier Premier ministre d’Idriss Déby Itno, est nommé chef du gouvernement de transition et plaide pour une « union sacrée ».

– Manifestations réprimées –

Le 27, au moins six personnes meurent dans des manifestations interdites contre la junte.

Le général Déby promet d’organiser « un dialogue national inclusif » durant une période de transition.

Emmanuel Macron condamne « avec la plus grande fermeté la répression » et appelle à « une transition pacifique ». L’UA puis l’ONU demandent un retour à l’ordre démocratique.

– Gouvernement de transition, pas de sanctions –

Le 2 mai, la junte nomme un gouvernement de transition.

Le 9, l’armée affirme que l’opération contre les rebelles est « finie ».

Le 20, l’UA exige que la junte achève une transition démocratique en 18 mois débouchant sur des élections, sans décider de sanctions.

– Dialogue et parlement de transition –

Le 12 août, le gouvernement tchadien invite les groupes armés à participer au « dialogue national inclusif » en novembre et décembre, devant conduire aux élections.

Le 5 octobre, débutent les travaux d’un parlement temporaire, dont les membres sont désignés par le chef de la junte.

Il ne comprend aucun membre de la plate-forme de l’opposition Wakit Tama, qui manifeste régulièrement pour réclamer un pouvoir civil et a refusé de soumettre des candidats.

Le 29 novembre, la junte décrète une « amnistie générale » pour les rebelles et opposants condamnés notamment pour « atteinte à l’intégrité de l’Etat », pour permettre la participation des groupes armés au dialogue national.

Le 10 décembre, la conférence des évêques estime que les conditions d’un dialogue national inclusif « crédible et sincère ne sont pas réunies ».

– Dialogue national repoussé –

Fin 2021, le début du dialogue national est fixé au 15 février.

Mais l’organisation d’un pré-dialogue avec les groupes rebelles qui mènent régulièrement des attaques contre le pouvoir bute sur l’absence de consensus entre différents groupes armés.

La présidence annonce le 27 janvier 2022, que le dialogue national est repoussé au 10 mai.

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