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Source : MINSANTE Cameroun -
Mise à jour : 29 juin 2020
Politique

Laurent Serge Etoundi Ngoa: La compétence à la base

Universitaire, homme politique et patriarche ; le ministre Etoundi Ngoa utilise ses savoirs au service des responsabilités confiées par le président de la République.

Le 04 juin 2019 au ministère de l’Education de base (Minedub) , une décision fait grand bruit : le ministre vient de prendre un arrêté qui relève de ses fonctions un agent de l’Etat. Il s’agit de l’inspecteur d’arrondissement de l’Education de base de Ndom, dans le département de la Sanaga Maritime, région du Littoral. L’infortuné s’est rendu coupable de distraction des frais de compostage d’inscription des candidats au Cep.
Quelques mois plus tôt, en janvier 2019, seulement quelques jours après sa nomination à la tête de ce ministère, le ministre sanctionnait trois responsables en service à l’inspection d’arrondissement de l’Éducation de base de Makak, dans le département du Nyong-et-Kellé, région du Centre.
Par ces décisions, le ministre Laurent Serge Etoundi Ngoa donne le ton de la probité qu’il entend impulser dans cette administration. Le secteur de l’éducation est en effet considéré dans les différents rapports des organismes compétents comme l’un des plus corrompus du Cameroun.

Engagement

Pas de quoi décourager l’auteur de « Comprendre la fatigue. Les repères cytophysiologiques » publié aux éditions Presses universitaires de Yaoundé en 2000. « Le gouvernement du Cameroun assure le développement de son secteur éducatif. Dans le cas d’espèce, l’éducation de base, qui est la structure fondamentale de tout système éducatif », a précisé le ministre fin mai dernier lors de l’inauguration d’une école financée par la coopération française.
Très au fait des difficultés de l’éducation pour y avoir fait ses armes, Laurent Serge Etoundi Ngoa a pour ainsi dire une idée claire de sa mission. Professeur de sciences, l’actuel ministre de l’Education de base a été professeur au lycée d’Obala, au lycée d’Ebolowa et au lycée Leclerc de Yaoundé. Ce après quoi il sera nommé directeur des études de l’École normale supérieure de Yaoundé et chef de département des Sciences physiques. Fonction qu’il occupe cumulativement avec ses responsabilités de directeur de la prestigieuse Ecole nationale supérieure.

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Carrière

S’il a pu accéder à ce niveau de responsabilité, c’est également parce que l’homme a tôt fait de poursuivre ses études supérieures et d’étoffer son cv. Titulaire d’un doctorat d’État de la faculté de médecine de Cochin Port-Royal en France, il est aujourd’hui professeur des universités hors hiérarchie avec une spécialité en physiologie animale et humaine.
Mais c’est par la petite économie que ce s*e*xagénaire né à Yaoundé en 1955 fait son entrée au gouvernement. En 2006, il est nommé ministre des Petites et moyennes Entreprises, de l’Economie sociale et de l’Artisanat. Il remplace à ce poste Bernard Messengue Avom nommé au ministère des Travaux publics. Il n’y arrive cependant pas comme un cheveu sur la soupe, car le natif d’Etoudi à Yaoundé traine derrière lui une carrière politique importante.

De 1997 à 2002, il est député de l’Assemblée nationale sous les couleurs du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), au pouvoir. Et en 2006, il fait son entrée au gouvernement à la faveur d’un remaniement ministériel.
Voici comment l’ancien secrétaire général de la présidence de la République, Jean Marie Atangana Mebera se souvient de ce remaniement : « […] Je savais depuis, que lorsque le Chef de l’État avance un nom, en général sa décision est déjà prise. Sur deux ou trois postes, il me demande si je connais des personnalités qui pourraient les exercer. Il s’agissait principalement du ministère des Travaux publics, du Ministère des Sports et du ministère de la Fonction publique. J’ai proposé quelques noms; il a tiqué sur l’un et a fini par m’instruire de consulter ces personnalités. Ce que j’ai fait le 22 septembre au matin. Sont ainsi entrés dans ce gouvernement : MM. Nkuete Jean, Etoundi Ngoa, Edzoa Augustin, Essimi Menye, Mengot Victor, Ndanga Ndinga Badel ».

Ils se comptent au bout des doigts les ministres du président Paul Biya qui peuvent justifier d’une telle longévité au sein du gouvernement. Cela fait en effet 12 ans que Laurent Serge Etoundi Ngoa est ministre de la République du Cameroun. Il a survécu à sept gouvernements et trois Premiers ministres. Un indicateur de la confiance que lui porte le président de la République, selon les instruments de décodage du logiciel du très secret Paul Biya.

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Prince du Mfoundi

Cette carrière et cette confiance du chef de l’Etat ne plaisent pas forcément à tout le monde. Patriarche des « Etoudi », celui qui passe ses vacances dans sa résidence sise au quartier manguier à Yaoundé est aussi considéré comme un « Prince du Mfoundi ». Ceci aux côtés de Gilbert Tsimi Evouna (délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé), de Séraphin Magloire Fouda (Secrétaire général des services du Premier ministre) ; et de Philippe Mbarga Mboa (ministre chargé de mission à la présidence de la République).

Absent de tous les scandales qui éclaboussement le plus souvent des membres du gouvernement, Laurent Serge Etoundi Ngoa cependant eu maille à partir avec feu Onambele Zibi un autre patriarche du Mfoundi, qui de son vivant, a contesté au ministre Etoundi Ngoa ses origines dans le département abritant la capitale Yaoundé. « Laurent Serges Etoundi Ngoa n’est pas du Mfoundi », avait alors déclaré le truculent Onambele Zibi en 2016. Pondéré de nature, le ministre s’était gardé de monter au créneau pour revendiquer ses origines.

Un caractère qui suscite l’admiration aussi bien dans son camp que chez ses adversaires politiques. Car Laurent Serge Etoundi Ngoa est un fin homme politique. Membre du Rdpc où il a déjà occupé plusieurs responsabilités, il est vice-président de la délégation départementale du Comité central du Rdpc pour le Mfoundi. C’est d’ailleurs à ce titre qu’il s’est exprimé récemment sur les résultats de la dernière élection présidentielle et le bras de fer que le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) entretient depuis plusieurs mois avec le pouvoir de Yaoundé.

Source
Par Sidonie Belinga
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2 commentaires

  1. Capiemp 2010,née en 1981…pourquoi mon nom ne figure pas une fois de plus dans les listes de contractualisation ?
    Vraiment mon pays quel crime j’ai commis pour vivre ce calvaire ? Où êtes vous monsieur le ministre de l’éducation de base ?

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