Société

La COP26 terminée, le « BON SAUVAGE » doit être rehabilité

Le « bon sauvage » n’était pas qu’un mythe. Les Africains qu’on qualifia jadis de « sauvage » par opposition aux « civilisés » Européens seraient, paradoxalement, le continent qui fait le plus preuve d’humanité et de responsabilité vis-à-vis de la nature.

Les Humanistes et les écologistes d’aujourd’hui l’attestent. Les Humanistes du 16e siècles l’avaient déjà fait observer, Montaigne notamment dans les Essaies. Et pour cause, le « sauvage » vit à l' »état de nature » qui, selon les Humanistes, est plus favorable à la vie en communauté et en communion avec la nature.

Le « civilisé » (ou ce qui en tient lieu), par contre, est un Homme perverti par l’orgueil et les richesses matérielles qu’engendrent les progrès scientifiques et techniques. A force de valoriser ces progrès et tout ce qui en résulte comme richesses matérielles, il s’est empêtré dans une course sans fin d’accumulation des biens matériels. Et comme celle-ci exige bien des sacrifices, il a développé un esprit de prédation: prédation envers son prochain qui est à la fois un concurrent et une force de travail à asservir pour parvenir à ses fins, prédation envers la nature qui est la source des biens matériels tant convoités. Cette folie du matérialisme a engendré des sociétés marquées par le consumérisme et une obsession à toujours plus de production. Et pour entretenir la machine de production, les « civilisés » qui en tirent profit distillent en permanence dans la conscience collective l’idée qu’il n’y a pas assez de ressource pour tous alors même que le problème devrait plutôt se poser en terme redistribution des ressources par eux confisquées.

Le drame c’est que c’est le « civilisé » qui fut partout érigé en modèle, y compris parmi les « sauvages » qui se battent corps et âme pour compter parmi les « civilisés ». Résultat des courses, le monde n’a eu au fil des siècles que plus de « civilisés » et donc plus de prédateurs, avec tout ce que cela implique comme dégâts sur l’humanité et sur la planète: esclavage, colonisation, crise écologique, guèrres, crise migratoire, terrorisme, phallocratie (féminicide), dictature, etc. ne sont en réalité que des conséquences d’un monde qui pendant des siècles a valorisé ses « civilisés » au détriment de ses « sauvages », entretenant ainsi l’esprit de la prédation. A l’heure où la cop26 s’achève, tous les experts réitèrent l’idée que les « civilisés » sont les seuls véritables responsables des problèmes climatiques et qu’ils doivent assister financièrement les « sauvages », les principales victimes de cette situation, à supporter les charges d’une transition climatique. Il faudrait manifestement, si on aspire à une réelle transition climatique, aller plus loin pour réhabiliter « le bon sauvage » et ses habitudes de vie qui causent moins de tort à l’humanité et à la planète.

Rodrigue Marcel Ateufack Dongmo,
Université de Dschang

Please follow and like us:
8k
fb-share-icon13589
251k
Pin Share20
Afficher plus

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page
Twitter251k
Facebook14k
RSS15k
Follow by Email8k