Kildadi Taguiéké Boukar : « Nous avons réussi à mettre la main sur trois rebelles 3 R »

Kildadi Taguiéké Boukar

Le gouverneur de la région de l’Adamaoua fait le point de la situation sécuritaire et des grands chantiers. Il annonce la création d’un port sec dans la ville de Ngaoundéré.

Aux termes de la réunion du comité de coordination pour le maintien de l’ordre, quel bilan faites-vous à l’issue des travaux avec vos collaborateurs ?

Merci pour l’intérêt que vous portez à ces travaux. Nous avons fait le tour de la situation sécuritaire et socioéconomique de la région de l’Adamaoua. Ces réunions qui se sont bien déroulées, nous ont permis d’apprécier les efforts qui sont faits au cours du premier semestre de l’année 2021. Nous retenons que sur le plan sécuritaire, la région de l’Adamaoua s’est relativement bien portée, le phénomène traditionnel de prise d’otages avec demandes de rançons n’a plus été perceptible au cours de cette période grâce aux efforts conjuguées des forces de sécurité, des autorités administratives et des comités de vigilance. Nous avons circonscrit le phénomène dans sa portion congrue et à ce jour, il est en voie d’être éradiqué complètement. Nos forces de défenses sont sur divers fronts pour la sécurité des personnes et de leurs biens ?

Au niveau de la frontière avec la République Centrafricaine, des rapts et incursions des rebelles ce pays sont légions. Quels sont les mesures prises par vous pour empêcher l’entrée sur notre territoire de ses rebelles ?

Nous allons redoubler d’ardeur sur le plan sécuritaire pour le contrôle de nos frontières avec les pays voisins. Face aux soubresauts politiques à répétition à la frontière Est, nous restons en état de veille et les forces de sécurité sont parées pour faire face aux éventuelles incursions des bandes armées sur le territoire camerounais. L’effectif des forces armées sera renforcé, et les comités de vigilance vont être réactivées à cet effet. Nous avons réussi à mettre la main sur trois rebelles 3 R, il y a quelques semaines au niveau de cette frontière et ils sont en exploitation en ce moment. Preuve que le système sécuritaire reste en veille. Au cours de ces travaux, nous avons fait des projections sur les six mois à venir. L’Etat ne faillira pas à sa mission et l’Adamaoua reste une région sécurisée.

L’activité économique est en berne dans la région de l’Adamaoua dû à la pandémie du Covid 19. Quelles sont les mesures prises par vous pour la relance de cette économie ?

Sur le plan socioéconomique, la vigilance sur le plan sécuritaire a fait à ce que les activités se sont bien déroulées. En dépit de la persistance de la pandémie du Covid 19, nous avons réussi à maitriser l’inflation et les ménagères ont pu de quoi s’offrir le minimum basique pour les familles. Il y’a eu de la croissance, les opérateurs économiques ont été payés par le trésor public dans le cadre du soutien gouvernemental aux acteurs de ce secteur, conformément aux prestations qu’ils ont offertes. A ce jour, la sérénité et la confiance règnent au sein de ces acteurs. Par ailleurs, les activités liées à la lutte contre la pandémie du Covid19 ont été bien menées de manière à infléchir la courbe de contamination dans la région. Les statistiques sont appréciables dans cette lutte, les patients testés positifs ont été pris en charge. Malheureusement nous avons enregistrés 37 décès de Covid19 depuis le début de la pandémie dans notre région. La région de l’Adamaoua a réussi à contenir cette menace.

Quel bilan faites-vous de la rentrée académique avec la multitude de grèves et remous sociaux à l’université de Ngaoundéré et dans certains établissements scolaires de l’Adamaoua ?

Sur le plan scolaire, la rentrée 2020-2021 s’est déroulée sans difficultés majeures, nous sommes à ce jour à la phase des examens et des concours de fin d’année. Nous sommes satisfaits du déroulement de l’année scolaire 2020_2021 malgré le contexte sanitaire critique. Nous nous sommes battus à offrir une année de qualité aux enfants de la région. Au sein de l’institution universitaire, tout s’est également bien passé malgré des tensions sociales liées aux mots d’ordre de grèves des étudiants et aux revendications des enseignants et du personnel d’appui, qui ont été enregistrées. Les responsables universitaires ont engagé le dialogue pour juguler ces tensions, et le calme et la sérénité sont de retour dans le campus.

La mise sur pied du conseil régional est venu clore une année politique dense dans l’Adamaoua. Cette région se détermine comme le creuset du multipartisme et de l’expression de la démocratie dans notre pays. Etes-vous satisfait du climat politique ?

Au niveau politique, le parachèvement du processus de la décentralisation par la mise en place du conseil régional de l’Adamaoua. Le bureau de ce conseil a été installé par mes soins, nous assistons en ce moment à l’entrée en fonction de ses membres par l’appropriation du code de la décentralisation et la session budgétaire pour l’année 2021 est venue clore ce processus. L’ambition de l’exécutif est en phase avec le pouvoir central. La collaboration entre le conseil régional et l’Etat central que nous représentons est excellent. En outre, les opérations d’inscriptions sur les listes électorales se sont déroulées malgré le faible engouement sur le terrain. Cela se justifie par le fait que l’année 2021 n’est pas une année électorale et de ce fait les citoyens en âge de voter ne se pressent pas dans les sites d’inscription. Nous exhortons les responsables politique et les acteurs de la société civile à s’impliquer pour la sensibilisation et la mobilisation de leurs militants et des citoyens en âge de voter à aller s’inscrire. Plusieurs formations politiques ont mené leurs activités sans difficultés et nous retenons entre autre le renouvellement du sommier politique au sein du parti au pouvoir et d’autres activités au sein des formations politiques implantées dans la région.

Quel évaluation faites-vous du budget d’investissement public dans la région de l’Adamaoua ?

Il faut noter que nous sommes encore en tête au niveau national en matière d’exécution du BIP. Nous allons maintenir le cap pour le BIP soit bien exécuté pour garder la première place occupée par la région de l’Adamaoua au cours de l’exercice 2020. Nous avons plusieurs projets d’envergure en cours d’exécution dans la région, et nous marquons notre ferme détermination à la bonne exécution du BIP.

L’Adamaoua est une zone par excellence d’agriculture et d’élevage où on assiste à des conflits agropastoraux. Qu’est-ce que l’administration fait pour réduire ces conflits ?

Vous le soulignez si bien, l’agriculture et l’élevage sont des activités essentielles dans notre région. Ces activités bien que complémentaires, il arrive parfois qu’on assiste à des conflits comme vous le dites. L’administration veille au grain pour éviter ces conflits à travers des commissions qui sont mises sur pied selon les textes. Malheureusement, dans la plupart des cas, les parties préfèrent régler leurs problèmes dans les instances judiciaires, alors que le dialogue et les bons offices des services compétents sur le terrain, des populations et des autorités traditionnelles peuvent permettre de juguler ces types de conflits pour permettre à ces acteurs de vivre en harmonie. C’est aussi cela l’état de droit. Des efforts sont faits pour sensibiliser les acteurs sur les zones réservées à l’agriculture et celles réservées à l’élevage. Ce sont des empiètements qui engendrent souvent ces conflits. La situation sur le terrain est souvent très vite résolu lorsque l’administration est saisie. C’est pourquoi, dans cette région, nous n’avons pas enregistrés depuis notre prise de fonction comme gouverneur, des conflits sanglants.

Monsieur le gouverneur, les populations de la région de l’Adamaoua brulent l’envie de savoir à quel niveau le port sec de Ngaoundéré en est ? Que dites-vous pour les rassurer ?

Le projet évolue. Le site de ce projet est déjà choisi, les différents textes d’organisation et de fonctionnement sont déjà prêts. La construction de ce port dans un avenir proche sera un grand apport pour les opérateurs économiques camerounais et de la sous-région. Une autre aubaine vient d’être donnée aux opérateurs économiques par le gouvernement camerounais. Le ministre des finances a instruit la création des zones de dépôt par les opérateurs individuels. Cela consiste pour un opérateur à trouver un espace pour contrôler sur place ici à Ngaoundéré ses marchandises, au lieu de Douala. Cela s’appelle le MADE. Nous appelons les populations à plus de détermination et de résilience en ce temps de crise sanitaire pour porter haut le développement de la région. Je saisis cette tribune pour assurer les populations que le gouvernement met tout en œuvre pour leur créer un cadre de vie décent et leur faciliter les activités. Elles doivent en retour soutenir ces actions pour l’émergence de notre pays.

Propos recueillis par Adolarc Lamissia

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *