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Guerre Fécafoot-Lfpc: Que cache l’arbitrage en trompe-l’œil de la Fifa ?

Dans une correspondance datée du 7 novembre et adressée au Secrétaire général de la Fédération camerounaise de football, Veron Mosengo-Omba, Directeur des associations membres de la Fédération internationale de football association, convoque une réunion de concertation en visioconférence. A quelles fins ?

A quoi joue la Fifa ? La question, pour lancinante qu’elle est, mérite d’être posée. Surtout en ces temps où le brouillard qui enveloppe les relations entre la Fécafoot et la Ligue de football professionnel du Cameroun, est loin de se dissiper. Alors que l’instance faitière du football camerounais a invalidé ce qu’elle qualifie de simulacre de démarrage de championnat faisant allusion au lancement de la saison pilotée par la Ligue il y’a une semaine, la Fifa sort du boisseau pour tenter de jouer les arbitres dans cette guerre qui dure depuis plus d’un an. Cloué au pilori pour n’avoir jamais fait le reproche à la Fécafoot qui a refusé d’appliquer la sentence du Tribunal arbitral du sport (Tas) réhabilitant la Lfpc dans ses droits, la maison mère du football mondial convoque une réunion de concertation le 09 novembre pour tenter de réconcilier les deux factions en dissidence. C’est en tout cas, la substance de la correspondance adressée au Sg de la Fécafoot le 07 novembre dernier et dont le Messager a obtenu copie. A cette occasion, la Fifa sera représentée par le congolais Veron Mosengo-Omba, assisté de ses collaborateurs Rolf Tanner, Sarah Solemate et Laura Pelli.

Zurich attentiste

La Fecafoot, elle, sera représentée par son président, Seidou Mbombo Njoya, assisté du Sg de l’instance locale, Benjamin Banlock. Du côté de la Lfpc, son président Pierre Semengue est convié. Tout comme Prospère Nkou Mvondo, président de l’assemblée générale extraordinaire de la Lfpc tenue le 29 octobre 2020 par les clubs dissidents qui ont prononcé à l’issue de leur réunion, la dissolution de la Ligue. La Fifa, organisatrice de la réunion, souligne que cette concertation vise à lui permettre « d’avoir une vision complète de la situation avant de pouvoir apporter une recommandation à la Fecafoot sur des bases légales solides ». Si pour l’heure, rien n’a filtré sur la présence effective des différents protagonistes ou encore du contenu des échanges, la démarche de la Fifa semble suspecte. Pourquoi avoir attendu que la situation s’empire pour tenter de jouer les sapeurs-pompiers aujourd’hui ? Pourquoi n’avoir pas sommé son association membre d’exécuter la fameuse sentence du Tas sans autre forme procès ? Pourquoi avoir choisi de jouer les attentistes alors même qu’au début de cette crise, plusieurs correspondances signées de Pierre Semengue ont été envoyées à Zurich pour solliciter un arbitrage à temps ?

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Menace de suspension

Face à ces multiples interrogations, les acteurs du football camerounais-qui paient le lourd tribut de cette bataille rangée entre deux institutions censées redorer le blason du sport roi au pays d’Eric-Maxim Choupo Moting continuent de trinquer. On se souvient qu’appelée à la rescousse par la Fécafoot le 08 octobre dernier, la Fifa n’a pas trouvé d’autre solution que de brandir la menace de suspension du Cameroun pour ingérence au motif que le groupe de travail mis sur pied par le ministre des Sports et de l’éducation physique pour appliquer la sentence du Tas, influencerait les décisions prises par la Fédération (rebelle) au cours de son assemblée générale du 25 septembre 2020.

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Aussitôt informé à travers une copie de la correspondance de la Fifa, Narcisse Mouelle Kombi avait refusée de jouer les peureux. Prenant à son tour sa plume pour répondre à la Fécafoot, démentant catégoriquement une immixtion du gouvernement dans « la gestion en toute indépendance des affaires internes à la Fecafoot », l’homme expliquait que, c’est par souci d’apaisement et dans le but de la restauration de la Lfpc dans ses droits que le gouvernement a offert sa médiation dans la crise entre la Ligue de football professionnel du Cameroun et la Fecafoot. Un cri dans la forêt ! C’est dire qu’on est loin d’être sorti de l’auberge.

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