Politique

Grand dialogue national : Des personnes sans foi ni loi détiennent tous les leviers de contrôle du pouvoir

L’arrivée au pouvoir de Paul Biya en 1982 avait fait naître beaucoup d’espoirs.

Trente cinq ans après, le Chef de l’Etat dirige un pays en guerre. Que pense-t-il réellement de ceux qui n’ont connu que lui ? La longévité de Paul au pouvoir montre qu’il est difficile de venir à bout d’un système âgé de 37 ans. Si jusqu’aujourd’hui, le système reste aussi puissant, c’est parce qu’il garantit l’intérêt commun de ses éléments. Nelson Mandela avait déclaré qu’il ne sert à rien de s’attaquer à un homme. Il est préférable de s’en prendre au système. Ce qui signifie qu’il n’est jamais une question d’individu, mais plutôt d’une mécanique huilée pour survivre à toute tentative de renversement.

Quand on voit l’attitude du gouvernement lorsque les Nations –Unies, Washington et l’Union européenne font leur procès, on comprend sans doute que sur le plan de l’alternance après Biya ce sera Biya. Aussi, lorsqu’on voit comment le régime a contrôlé « le Grand dialogue » de Yaoundé, on comprend sans doute que ce système est indéboulonnable. Ainsi, après Biya, ce sera la continuité via le systéme en place. Ceci parce que tous ceux qui en font partie, n’ont pas intérêt à ce que les choses changent. Nombres sont des prébendiers qui ont ruiné le pays. Ils savent que si le systéme change, ils rendront systématiquement compte.

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Le « Grand dialogue national » a montré que ces gens sans foi ni loi détiennent tous les leviers de contrôle du pouvoir, à savoir les institutions et la constitution. On a également compris à travers la circonscription des débats que ce qui préoccupe le systéme, c’est de contrôler tout et de trouver un homme qui protège le mieux les intérêts des membres du systéme.

Quand on observe l’exemple Burkinabé, on se rend compte combien peut être dangereux un système, lorsqu’il est poussé dans ses derniers retranchements et lorsqu’il a peur de perdre tous ses privilèges. Le coup d’Etat du régiment de sécurité présidentielle (RSP) tirait son leitmotiv de ce que Blaise Comparaoré étant out, tous ses affidés, ainsi que les partis qui lui étaient fideles se sont sentis menacés dans leurs propres intérêts vitaux. L’exhumation des dossiers noirs de la République (comme celui de Sankara) et la mise à l’écart de certains de la mangeoire ne pouvait qu’apporter des soubresauts sociopolitiques.

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Ceci est tout autant vrai au Cameroun que même chez nous, de nombreux partis politiques font partie de la majorité présidentielle de manière déclarée ou non, et auront donc intérêts à ce que le systéme ne s’effondre pas comme un château de Carte.

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