Gilets jaunes, acte 22 : Affrontement avec la police à Toulouse, calme à Paris

La Ville rose est proclamée « capitale » du mouvement ce samedi. De nombreux Blacks blocs y ont été observés. D’autres villes accueillent des défilés dans le calme.

Si aucun heurt n’a été constaté à la mi-journée dans la capitale, c’est à Toulouse que la tension est montée ce samedi, avant de redescendre progressivement. Dès le début de la manifestation, des milliers de gilets jaunes se sont rassemblés dans la ville, proclamée « capitale » du mouvement pour son 22e acte.

Moins d’une heure après le début du cortège, les manifestants se sont heurtés à des barrages policiers sur la grande avenue point de départ du rassemblement menant au centre historique. Très vite, les forces de l’ordre ont avancé pour réduire le périmètre et cantonner le cortège, en lançant des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes.
Un calme tendu était toutefois revenu en début d’après-midi, des rangs de manifestants, restés quelques milliers, se reformant pour reprendre un cortège.

« Des individus habillés en noir, masqués ou cagoulés »

Là aussi, la police a plusieurs fois tiré des gaz lacrymogènes. Selon la préfecture, elle est intervenue très vite en réponse à des « jets de projectile » à son encontre.

La préfecture a relevé « la présence d’individus habillés en noir, masqués ou cagoulés, équipés », qui avaient en début d’après-midi « déjà pris à partie les forces de l’ordre avec de multiples jets de projectiles et feux d’artifice ». Un engin de chantier de travaux menés sur l’avenue a été incendié, sans d’autres sérieuses dégradations en début d’après-midi. Selon La Dépêche du Midi, « des blacks blocs originaires de l’Espagne, de l’Italie et de la Suisse » ont rejoint le cortège des Gilets jaunes dans la ville.

« Vous avez vu: tout se passait bien et ils nous gazent », s’est indigné auprès de l’AFP Fly Rider-Maxime Nicolle, une des figures du mouvement, venu en renfort dans la ville.

« J’ai décidé de venir car il y avait un appel national » à faire de Toulouse, un des bastions du mouvement, l’épicentre de cet acte 22, « mais je suis déçu de cette réponse », a-t-il ajouté. Il a dénoncé comme une « campagne de com’ à 12 millions » le grand débat lancé par l’exécutif.

Plus loin, sur un axe perpendiculaire, quelques centaines de manifestants répondant à un appel de la CGT se regroupaient pour un deuxième cortège.La manifestation des « gilets jaunes », non déclarée, a été interdite d’accès à la place du Capitole, dans le centre historique, mais non sur le parcours où les premiers heurts ont éclaté.
Contraste avec Paris

Pendant ce temps, à Paris, à peine quelques centaines de personnes ont commencé à défiler en début de journée. « Urgence climat », « Macron on n’attend rien de vos annonces », « dissolution de l’AN, états généraux citoyens » pouvait-on lire sur les pancartes de tête place de la Nation.

Quelques tensions ont été constatées après 15h, notamment sur la place de la République, selon des journalistes sur place.

Ces rassemblements, comme ceux prévus à Marseille, Grenoble ou Lille sont les premiers à se dérouler sous le coup de la loi anticasseurs, particulièrement ciblée par les manifestants. Cela laisse au pouvoir « encore plus la liberté de faire tout et n’importe quoi » contre le mouvement, a déploré Priscillia Ludosky, l’une de ses figures, venue elle aussi en renfort à Toulouse.

Ce dispositif, partiellement censuré par le Conseil constitutionnel et dont une cinquantaine d’organisations ont demandé l’abrogation, est dans le collimateur des manifestants. Le premier cortège parisien a rejoint en début d’après-midi la place de la République où la marche pour « la liberté de manifester » est organisée par plusieurs associations (dont LDH, Amnesty, Attac, Unef, SOS Racisme…).

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