Fête du 8 mars : Entre réjouissances et dérives

C??est ce à quoi se livrent malheureusement les femmes lors de la journée internationale à elles dédiée.«J??irai défiler le 8 mars??J??ai déjà choisi le bistrot où je vais poursuivre la soirée?? » Tels sont les propos qu??on entend depuis quelques jours de la bouche de certaines femmes de la capitale économique. En fait, la journée internationale de la femme est «un moment de festivité, de défoulement et d??évasion», comme l??affirme sans gêne Lisette Fouda. Elle n??est d??ailleurs pas la seule à tenir ce discours. Pour le

responsable administratif et financier de Un Monde Avenir (association pour le développement social et la participation citoyenne en milieu urbain), le sens que la gent féminine donne à la journée est «tout simplement inconcevable». Aimé Dipita Essome estime que les femmes n??ont pas conscience du rôle qui leur revient dans le développement et l??émergence du Cameroun.«La journée du 8 mars en elle-même ne pose pas de problème. Ce sont plutôt les activités qui tournent autour qui sont à remettre en question. Les femmes devraient profiter de l??occasion pour se réunir, mener des réflexions sur tout ce qui nuit à leur épanouissement au quotidien. C??est une journée de prise de conscience, d??actions et d??inventaires», explique Aimé Dipita. Il pense que la gent féminine doit se questionner sur les raisons de l??institutionnalisation du 8 mars, car, dit-il, il y a des femmes qui ont lutté pour leur émancipation, qui «en sont même mortes. Nos dames gagneraient à penser à tout cela.» Se référant à l??affaire de la jeune Vanessa Tchatchou qui réclame son bébé disparu du côté de l??hôpital gynéco obstétrique et pédiatrique de Yaoundé depuis le mois d??août 2011, «Un Monde Avenir», via son responsable administratif et financier voit là une situation qui interpelle les femmes. «C??est une jeune mère qui malheureusement n??a pas encore eu l??opportunité de caresser, d??embrasser son enfant comme il se doit. Au lieu d??aller défiler, boire et se livrer à toutes les dérives que l??on observe chaque année, les femmes peuvent réfléchir sur les actions à mener pour venir en aide à cette fille.»
Amuseur publicDans la société africaine et camerounaise en particulier, les femmes sont reléguées au second plan. Malgré le fait qu??elles constituent 51% de la population, elles restent faiblement représentées dans les sphères de décision et les instances délibératives où l??indice de parité, selon la plate-forme «Ensemble pour la parité» est de 75 à 90% en défaveur des femmes. La plate-forme relève aussi que le s*e*xe féminin occupe seulement 13% des sièges à l??Assemblée nationale; 6,38% des femmes sont représentées dans les mairies; 9 sont ministres dans un gouvernement de 60 membres, sans oublier qu??aucune femme n??est pour l??heure gouverneur de région.«Les femmes sont la cause de leur marginalisation. Elles s??en foutent du thème de leur journée, pour celles mêmes qui le connaissent. On a l??impression qu??elles ne prennent pas au sérieux leur poids sur le plan démographique, et leur pouvoir. Elles doivent cesser de jouer le rôle d??amuseur public. Elles valent bien plus», argue Aimé Dipita Essome. Et de conclure : «Ce que la barbe décide en journée, c??est ce que le pagne a commandé dans la nuit». Proverbe Bamiléké qui signifie que la femme peut influencer le monde sans être au devant de la scène.

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