France : Présidentielle et législatives les mêmes jours: l’idée fait son chemin

Parlement français

L’idée d’organiser l’élection présidentielle en même temps que les législatives prospère parmi les députés de tous bords, face au constat d’un « affaiblissement » du Parlement et d’une crise démocratique qu’ils peinent à surmonter.

« Le quinquennat a été un drame politique. L’élection législative n’existe plus, elle est le succédané de l’élection présidentielle. Cela prive d’une des consultations majeures le peuple souverain », a lancé mercredi Alain Tourret (LREM) devant la commission des Lois de l’Assemblée.

Bientôt au bout de son dernier mandat, l’élu du Calvados s’est alarmé d’une « société bloquée », comme l’ont montré selon lui les gilets jaunes fin 2018, et d’une « concentration colossale des pouvoirs autour du président de la République » susceptible de virer à la « caricature » de l’Empire.

Sa commission débattait des conclusions d’un rapport sur les « modalités d’organisation de la vie démocratique », à l’approche des échéances électorales.

Les jeunes députés Pacôme Rupin (LREM) et Raphaël Schellenberger (LR) y dressent le constat que « la défiance croissante vis-à-vis des élus entraîne un préjudice démocratique majeur », et formulent une vingtaine de propositions, au premier rang desquelles l’organisation des législatives « en même temps » que la présidentielle.

Depuis le quinquennat institué en 2000 et l’inversion du calendrier électoral, qui a vu à partir de 2002 les législatives suivre la présidentielle, les Français assurent systématiquement une majorité au chef de l’Etat nouvellement élu, et l’élection des députés suscite moins d’intérêt et de participation.

La présidente (LREM) de la commission des Lois Yaël Braun-Pivet a déjà proposé il y a un an un vote le même jour pour présidentielle et législatives, afin de « réduire » l’effet de la première sur les secondes, et de nombreux députés se sont exprimés mercredi en ce sens.

Cela permettrait sans doute davantage de « pluralisme » à l’Assemblée et un « rééquilibrage », selon M. Schellenberger. « Nous voulons un exécutif fort, mais le confronter à un législatif fort », a appuyé M. Rupin.

Cécile Untermaier (PS) et Paul Molac (Libertés et territoires) ont même suggéré des législatives avant la présidentielle.

Mais plusieurs intervenants ont surtout dit leur sentiment d' »impuissance »: « les rapports s’ajoutent les uns à la suite des autres » et « finalement rien ne se passe », a lâché Mme Untermaier.

« Les rapports nous aident à converger » et aujourd’hui « nous partageons sur l’ensemble des bancs le diagnostic », a-t-on nuancé à droite.

AFP

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