Politique

Fête nationale de l’Etat unitaire : ou le point d’achoppement de la crise anglophone

Une frange des anglophones estime effectivement que le référendum du 20 Mai 1972 qui transforme l’Etat fédéral en une République Unie était en violation des close de la Conférence de Foumban.

Au moment où les camerounais, faute d’une célébration en bonne et due forme (Covid19 oblige), se prépare à la commémoration de la 48ème fête de l’unité national, il s’avère important de marquer un temps d’arrêt sur cette date, en l’occurrence le 20 Mai 1972. Car beaucoup de compatriotes ignorent que cette date est à l’origine du problème anglophone, qui aujourd’hui a pris les dimensions d’un conflit armé opposant les forces républicaines aux groupes armés sécessionnistes.

Pour mémoire, en 1945, l’ensemble des territoires camerounais jusque-là sous mandat de la Société des Nation, passent sous tutelle de l’Organisation des Nations unies (ONU). Le Cameroun oriental obtient son autonomie interne en 1958, dans le cadre de la Communauté française, puis accède à l’indépendance en 1960. Le Cameroun occidental se scinde en deux après un référendum d’autodétermination organisé en 1961. Les populations du Nord, musulmanes, choisissent de rester nigérianes tandis que les habitants du Sud, chrétiens ou animistes, demandent leur rattachement au Cameroun. La même année et après la fameuse Conférence de Foumban dont l’objectif était de définir les règles de jeu devant régir le vivre ensemble des deux Etats, est formée une république fédérale du Cameroun, sous la présidence d’Ahmadou Ahidjo, Premier ministre depuis 1958. En 1972, Ahidjo organise un référendum qui transforme l’État fédéral en République unie du Cameroun.

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Deux mots clef de ce qui précède sont intéressant pour la compréhension du problème anglophone. Tout d’abord le ‘’referendum d’autodétermination’’ de 1961. Comme quoi la partie anglophone du Sud avait la latitude, la possibilité de choisir de se rattacher au Nigéria comme l’on fait ceux du Nord. Don contrairement à ce que d’aucun pense, il ne s’agissait pas d’une restitution par l’ONU d’une partie du territoire camerounais, mais d’un choix délibéré des anglophones de s’unir au Cameroun oriental. L’autre terme essentiel de ce problème est la ‘’la Conférence de Foumban’’. Au cours de celle-ci, un certain nombre de closes avaient été prise et ne devaient jamais être modifiées.

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C’est ainsi qu’il avait été écrit que la forme fédérale de l’Etat (exigée par les anglophone) ne devait jamais être modifié. Mais en 1972 le Président Ahidjo viole cette close en décrétant la République Unie du Cameroun sous le prétexte fallacieux d’un référendum, dont les témoins disent qu’il n’y avait que deux bulletins dans les bureaux de vote : le ‘’Oui’’ et le ‘’Yes’’. Cette mascarade ajoutée aux autres frustration va faire naitre la crise anglophone, aujourd’hui récupérée par les Ambazoniens.

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