Extrême-Nord : les enlèvements bondissent de 118% en un an

Enlèvements Extrême-Nord - hausse de 118% selon rapport Ocha

308 personnes enlevées entre avril et juin 2026 dans l’Extrême-Nord, contre 141 un an plus tôt. Le chiffre vient de l’Ocha, le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires, dans son rapport de situation n°65 publié le 31 juillet. Le chiffre fait mal, et il en dit long sur ce qui se joue vraiment dans cette région frontalière du Nigeria.

Une explosion des enlèvements, des morts en légère baisse

207 incidents attribués à des groupes armés non étatiques ont été recensés au deuxième trimestre 2026. Ces attaques ont fait 72 morts et 48 blessés. Le nombre de décès baisse un peu par rapport à 2025, où 77 personnes avaient perdu la vie sur la même période.

Mais la vraie alerte, c’est ailleurs. 167 personnes de plus ont été prises en otage en un an, un bond de 118%. Les enlèvements sont devenus l’un des visages principaux de l’insécurité dans cette zone confrontée depuis des années aux incursions liées à la crise du bassin du lac Tchad.

Ces rapts ne se limitent pas aux victimes directement visées. Ils installent une peur constante dans les communautés, limitent les déplacements, cassent les activités économiques locales. Et compliquent, un peu plus chaque trimestre, l’accès des humanitaires aux populations vulnérables.

Des engins explosifs de retour, une région sous pression multiple

Deux incidents impliquant des engins explosifs improvisés ont été relevés dans le Logone-et-Chari entre avril et juin 2026. Aucun cas n’avait été signalé sur la même période en 2025. Deux cas, ça reste peu, mais ça change la donne sur certains axes routiers devenus plus risqués pour les habitants comme pour les travailleurs humanitaires.

Cette dégradation sécuritaire s’ajoute à d’autres crises : nouveaux déplacements de populations, recrudescence de la rougeole, cas de choléra, insécurité alimentaire persistante. L’Ocha ne établit pas de lien direct entre ces phénomènes. Difficile de ne pas y voir, malgré tout, un effet d’accumulation qui use les capacités de réponse déjà sous tension dans la région.

C’est une violence qui s’installe dans la durée, pas un pic isolé.

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✍️ À propos de l'auteur
Alain-Claude Ndom
Alain-Claude Ndom

Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

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