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L'ouverture sur le Cameroun

ENAM : les chantiers de la modernité

Jamais une grande école n??aura suscité autant de passion au Cameroun. L??Ecole nationale d??administration et de magistrature célèbre cette semaine son cinquantième anniversaire. Et le moins que l??on puisse dire, c??est qu??elle ne recevra pas seulement des fleurs ou un énorme gâteau pour la circonstance. Mais qui est surpris, au fond ? Pas grand monde, il faut le dire. En fait, c??est tout à l??image de la perception que les Camerounais de tous bords se sont fait de cette institution au fil des années. Une chose est claire : l??Enam en 2009, c??est une image presque controversée. Qui allie reconnaissance du travail de formation abattu en 50 ans, influence sur la configuration générale de l??administration et de la magistrature camerounaises, souci de modernisation et de réadaptation du

contenu. Mais aussi états d??âmes. On en vient ! Soyons honnêtes, l??Enam au cours de son cheminement d??un demi-siècle, a fait des heureux dans les familles camerounaises. Un magistrat, un administrateur civil, un inspecteur des douanes, un inspecteur des Impôts?? Tout le monde sait ce que ça représente. Sur ce plan-là, on peut dire que l??école a pris une réelle importance, en tant que pourvoyeuse de situation sociales enviables. Mais elle a aussi laissé sur le côté de la route, beaucoup de malheureux et de frustrés qui pour certains, portent à jamais dans le c??ur, l??aigreur d??avoir été refoulés. Mais qu??on se le dise bien, tout le monde ne peut pas entrer à l??Enam. Très vite positionnée comme une institution d??élite, l??Ecole nationale d??administration et de magistrature est une grande école forcément à part. Qui nourrit les rêves de presque tous les étudiants en droit et sciences économiques des universités camerounaises. Une espèce d??oasis après les turbulences de la vie en faculté. Un vrai tremplin pour décoller dans la vie et devenir « quelqu??un » au Cameroun. Normal donc que le concours d??entrée soit ?? avec celui de la police ?? l??un des plus courus de la place. L??Enam, reste la voie royale d??accès à la haute administration. Un statut que l??école assume dans un contexte où fleurissent les embûches et les critiques. Arnaques et batailles acharnées autour du concours, remise en question permanente du système de sélection à l??entrée, rendement des produits de l??école?? L??autre pomme de discorde, c??est justement ce dernier point. Au cours des dernières années, les maux de l??administration camerounaise ont souvent été associés par une certaine opinion aux produits de l??ENAM. Pour les détracteurs de l??école, elle n??est ni plus ni moins qu??une espèce de laboratoire de l??inertie et de la corruption qui gangrènent le pays depuis plusieurs années. Et comme ce sont les lauréats de l??ENAM qui gèrent le pays, la conclusion est vite tirée. Mais sans vouloir rentrer dans la polémique, force est de reconnaître que l??ENAM de 1959 ne peut plus être celle de 2009. Ce qui implique par exemple une adaptation permanente des contenus de formation. Le sous-préfet d??il y a cinquante ans n??a plus le même profil que celui de cette veille de 2010 où l??on annonce le début effectif de la décentralisation. Bref, il est question de définir le type de haut cadre que le Cameroun veut former pour le futur. La réflexion a déjà été entamée au niveau du management de l??école. Et cette célébration est une occasion de pousser encore plus loin la recherche des idées dans ce sens. La réforme semble de toute façon inévitable.
Yves ATANGA, CT

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