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Ecobank condamnée à payer 1,5 milliard FCFA à Wadivo par le tribunal de Bonanjo

Ecobank condamnée tribunal Douala – marteau de justice et balance

Le tribunal de première instance de Douala-Bonanjo a condamné Ecobank Cameroun à verser 1,5 milliard de francs CFA à Wadivo, plateforme spécialisée dans le recouvrement de créances bancaires. Le verdict, rendu le 28 mai 2025 en matière correctionnelle, clôt une procédure longue de plus de vingt ans. Ecobank conserve le droit de faire appel.

Une affaire née d’une plainte pour diffamation

Tout commence en 2004. Wadivo, constitué en syndic pour défendre les clients des banques contre les abus de facturation, cite Ecobank devant le tribunal de Bonanjo. La raison : la banque avait publié dans un quotidien gouvernemental un communiqué accusant Wadivo et son directeur général d’allégations mensongères, d’obtention illicite de données bancaires et de tentative d’escroquerie.

Pour Wadivo, c’est clair : il fallait répondre. La plateforme se constitue partie civile auprès du ministère public et attaque Ecobank pour diffamation par voie de presse, sur la base des articles 74, 96, 152 et 305 du code pénal camerounais.

Le procès s’ouvre en 2024. Les débats entre les deux parties durent plusieurs mois, jusqu’à l’audience du 27 février 2025. Le délibéré tombe le 28 août 2025 : condamnation d’Ecobank et de son directeur général à verser 1,5 milliard de FCFA en dommages et intérêts, sans préjudice des sanctions pénales.

Des surfacturations estimées à 41 milliards en toile de fond

L’affaire ne se réduit pas à un simple conflit de communication. Derrière, il y a des chiffres qui donnent le vertige.

Wadivo avait recensé, auprès d’une vingtaine de banques agréées au Cameroun, des surfacturations estimées à 41 milliards de FCFA au total. Six banques étaient particulièrement indexées. Selon Wadivo, les frais en cause, prélevés sans souscription préalable sous des labels comme « Deposit Contract Liquidation », constituent un abus de confiance envers des milliers de clients.

Ecobank, de son côté, a toujours réfuté cette lecture. La banque se présente comme un acteur rigoureux en matière de normes prudentielles. Mais le fait qu’elle soit la seule à avoir attaqué Wadivo aussi frontalement intrigue. Plusieurs observateurs estiment qu’il y aurait anguille sous roche, comme le mentionne l’article source.

C’est un signal fort pour le secteur bancaire camerounais.

La jonction de procédures opérée en 2024 a finalement permis au tribunal de trancher sur l’ensemble du dossier. On ne sait pas encore si Ecobank choisira effectivement de faire appel, ni dans quel délai.

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✍️ À propos de l'auteur
Laurent Diby
Laurent Diby

Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais.

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