Une délégation ministérielle tchadienne a séjourné au Cameroun au sujet du système GPS de la douane camerounaise qui retarderait un projet pétrolier au Tchad. Le GPS sera ??t-il la cause de tracasseries pour les camions devant acheminer le matériel pour la construction d??une mini-raffinerie de pétrole au Tchad ? Pour la partie tchadienne, on s??en inquiète. C??est pour en avoir le c??ur net qu??une délégation conduite par Mahamat Hassan Nasser, ministre tchadien du Pétrole a séjourné la semaine écoulée au Cameroun pour des séances de travail avec les autorités camerounaises. Les échanges ont porté sur les difficultés que rencontrent les camions transportant le matériel devant servir au projet
tchadien. « Nous avons fait le constat que les camions qui doivent acheminer le matériel, prennent plus de temps qu??il n??en faut pour rallier N??Djamena. » a déclaré d??entrée de jeu le ministre tchadien. Il a poursuivi son propos en laissant entendre que d??après les informations qui leur ont été rapportées, c??est le système GPS mis en place par la douane camerounaise qui est la cause de ces retards. Et c??est dans le souci de ne pas voir le projet tchadien de construction d??une mini- raffinerie prendre du retard, que les responsables tchadiens sont venus rencontrer leurs homologues du Cameroun. En tout cas, le ministre tchadien n??est pas allé par quatre chemins pour poser le problème. Son homologue en charge de finances au Cameroun a été tout aussi direct. Il a instamment passé la parole au directeur général de la douane pour sa version des faits. Pour madame Minette Libom Li Likeng, le GPS n??est en rien responsable des retards. Le système fonctionne bien. Il se trouve tout simplement que les différents acteurs dans l??opération ne jouent pas le jeu. Pour la direction générale des douanes, c??est davantage un manque de coordination entre les commissionnaires en douanes et les transporteurs, qui est le n??ud du problème. Respecter les procédures Ces acteurs présents dans la salle de conférences du ministère des Finances vendredi dernier, s??en défendent. Tout en louant une nette amélioration dans la qualité du service offert, ils continuent de pointer un doigt accusateur sur le système GPS qui semble être la chape de plomb qui grippe la machine. On parle notamment de ruptures récurrentes de stocks des GPS à la douane. La direction générale botte en touche et récuse toute rupture de stocks. Elle évoque plutôt un non respect des procédures par certaines parties. Statistiques à l??appui, Minette Libom Li Likeng a déclaré qu??au cours du mois de décembre, sur plus de 1000 camions affrétés au port de Douala et équipés d??un GPS, 748 n??ont pas franchi le check-point de Yassa au bout d??une semaine. Pourtant, cela devrait se faire au bout de deux heures. Qu??est-ce qui se passe en réalité ? Commissionnaires en douanes, transporteurs et administration des douanes, se rejettent la responsabilité. Et dans ce jeu de ping-pong, la vérité est loin de couler de source. Et c??est dans un souci d??apaisement que le ministre tchadien du Pétrole a tout simplement sollicité de l??administration des douanes du Cameroun, un traitement prioritaire pour le matériel devant servir au projet tchadien. Il a, par ailleurs, loué l??excellence des rapports entre les autorités camerounaises et tchadiennes. Il en veut pour preuve, la parfaite collaboration entre les deux pays lors de la construction du pipeline Tchad-Cameroun. Pour se résumer, le Tchad ne souhaite être exempté des procédures douanières en vigueur au Cameroun. Il souhaite simplement une certaine célérité dans les procédures douanières concernant les camions du projet tchadien. La principale crainte des autorités tchadiennes étant que le projet ne se déroule pas selon son chronogramme. Tout en invitant tous les acteurs à se conformer aux procédures, le ministre camerounais des Finances, Essimi Menye a promis que ce dossier sera traité avec la plus grande diligence.
Simon Pierre ETOUNDI, CT
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