Politique

Dialogue national: Paul Biya a choisi ses « sorciers » blancs

Dans le cadre de la résolution de la crise qui secoue la zone anglophone, le pouvoir de Yaoundé a noué des contacts avec des lobbyistes à l’international.

Depuis le début du mois de juillet, deux mesures inédites ont été prises par des institutions américaines à l’encontre des autorités camerounaises. Le 2 juillet dernier, c’est le département d’État équivalent du ministère des Affaires étrangères qui a pris une sanction visant le colonel Jean Claude Ango Ango, inspecteur général de la gendarmerie nationale, ainsi que ses proches. Ce haut cadre du ministère camerounais de la défense a été notifié d’une interdiction de séjour sur le sol américain en raison de « son implication dans d’importantes opérations de corruption ».

Le 23 juillet, c’est le Congrès américain qui adoptait à son tour une nouvelle résolution très critique, condamnant « les abus commis par les forces de sécurité » dans le cadre du conflit en zone anglophone. Ladite résolution recommandait également « un dialogue sans pré-condition » pour résoudre ce conflit, alors même que Yaoundé continue d’exclure la sécession de toute discussion sur la sortie de crise.

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Face à cette pression internationale, le gouvernement ne pouvait pas rester les bras croisés. C’est ainsi que plusieurs lobbyistes ont été contactés pour redorer l’image du Cameroun à l’international. Entre-temps, Yaoundé a pu refaire sa réputation à Washington. Les sécessionnistes ne sont plus les bienvenues au Congrès américain. Aussi, cette chambre a récemment voté la résolution 358 consacrant le Fédéralisme comme la meilleure option politique pour résoudre la crise anglophone. Une option qui satisfait le régime de Yaoundé qui refuse tout débat sur la sécession.

Aussi, il y a eu le choix de la médiation Suisse par le gouvernement du Cameroun. Sauf qu’au sein du mouvement sécessionniste anglophone, le choix de la Suisse comme médiateur est loin de faire l’unanimité. Les voix remettant en doute la neutralité du Centre pour le dialogue humanitaire (HD Centre), institution mandatée par les autorités suisses pour mener les pourparlers, se sont fait de plus en plus entendre. Les griefs qui appuient cette position sont légion, mais la plupart se rapportent à une possible collusion entre Genève et Yaoundé. Début juillet, alors que le président Paul Biya était encore dans la capitale helvétique, où il séjournait dans un cadre privé, le sécessionniste Lucas Ayaba Cho s’est ainsi fendu d’une déclaration dans laquelle il dénonçait la « trop grande proximité » qui existerait selon lui entre Genève et Yaoundé, sans toutefois argumenter.

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Le leader de l’Ambazonia Governing Council (AGC), l’une des factions ayant une branche armée sur le terrain, invitait d’ailleurs la Suisse à clarifier sa position. « [Elle] doit clairement nous dire si elle est juste facilitatrice ou médiatrice. Nous accepterons de travailler avec la Suisse si elle accepte de discuter avec le médiateur qui parlera au nom de l’Ambazonie, pendant qu’elle représentera le Cameroun », indiquait-il.

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