Jacquis Gabriel Kemleu Tchabgou, maire de la commune de Dschang, est décédé ce lundi 30 mars 2026 à Yaoundé, des suites d’un accident vasculaire cérébral. Une disparition brutale qui plonge la ville de Dschang et le mouvement municipal camerounais dans l’émotion — et qui intervient dans un contexte judiciaire particulièrement lourd pour l’élu.
Un maire rattrapé par la maladie en pleine tourmente judiciaire
Le décès de Jacquis Gabriel Kemleu Tchabgou survient à peine douze jours après l’un des épisodes les plus difficiles de sa carrière politique. Le 18 mars 2026, le tribunal correctionnel de Dschang l’avait reconnu coupable dans l’affaire Saptrans SARL — une société à laquelle il avait accordé une autorisation de construction d’un centre de visite technique, avant d’en ordonner unilatéralement l’arrêt des travaux.
Condamné à six mois de prison ferme, il n’avait pas été incarcéré en raison de son âge — plus de 60 ans. Ses deux collaborateurs, Dongmo Louis Sabato et Atonlekeu Rodrigue, avaient en revanche été conduits derrière les barreaux pour deux mois ferme chacun.
Sur le plan financier, le verdict était sévère : 28 595 000 FCFA de dommages et intérêts au profit de Saptrans SARL, plus 1 435 360 FCFA de frais de justice, avec la commune de Dschang déclarée civilement responsable — c’est-à-dire les contribuables locaux.
Depuis le prononcé du verdict, l’élu était porté disparu. Des rumeurs faisaient état d’un départ en France. C’est finalement à Yaoundé que la mort l’a rattrapé, des suites d’un AVC.
Dschang face à un vide municipal et des questions en suspens
La ville de Dschang — cité universitaire de quelque 150 000 habitants dans la région de l’Ouest — se retrouve aujourd’hui sans maire en exercice, dans une situation administrative et financière délicate.
Des questions pratiques et urgentes se posent : qui assure la continuité de la gestion communale ? La commune peut-elle absorber les plus de 30 millions de FCFA prononcés par le tribunal ? Et les obligations judiciaires de l’élu — jamais formellement soldées — tombent-elles avec son décès ?
Le mouvement municipal camerounais perd en tout cas l’une de ses figures de l’Ouest, dans des circonstances qui resteront longtemps dans les mémoires locales.
La commune de Dschang entre dans une période d’incertitude. Les autorités de tutelle, le préfet du département de la Menoua et les instances du ministère de la Décentralisation devront se prononcer rapidement sur la suite. Un dossier judiciaire, politique et humain qui ne se referme pas avec ce décès.





