L’Ordre National des Médecins du Cameroun a rendu sa décision. Après le décès du Dr Mbengono Barbara Nancy, survenu à la suite d’une césarienne entachée de graves manquements, trois médecins ont été suspendus pour douze mois chacun. Une sanction rare, qui fait du bruit dans le milieu hospitalier camerounais.
Ce que l’Ordre a décidé
Les noms sont publics. Le Pr Élie Nkwabong, le Pr Bonaventure Jemea et le Dr Calvin Tiyou écopent chacun d’une suspension d’activité de douze mois. Les médecins résidents impliqués dans la prise en charge sont sanctionnés de six mois. Seule la Dr Antoinette Ngo Ngue a été relaxée.
L’Ordre ne détaille pas publiquement les faits retenus contre chaque praticien. Mais la sévérité des peines, pour une instance qui prononce rarement des suspensions de cette durée, dit quelque chose sur la gravité de ce qui s’est passé lors de cette césarienne.
Ce n’est pas anodin.
Le Dr Mbengono Barbara Nancy était elle-même médecin. Son décès, survenu dans des conditions qui auraient pu être évitées selon les éléments portés devant l’Ordre, a profondément choqué la communauté médicale camerounaise. Une consœur, patiente dans son propre système. L’ironie tragique de la situation n’a échappé à personne.
Responsabilité médicale : un débat que le Cameroun ne peut plus esquiver
Les hôpitaux publics et universitaires du Cameroun font face depuis des années à des critiques récurrentes sur la qualité de la prise en charge, les conditions de travail des équipes soignantes et le suivi post-opératoire. Cette affaire remet tout cela sur la table, mais sous un angle différent : ce ne sont pas des problèmes d’infrastructure qui sont jugés ici, ce sont des comportements professionnels.
Pourtant, la suspension n’est pas une radiation. Dans douze mois, ces médecins pourront théoriquement reprendre leur activité. Est-ce suffisant pour les familles qui attendent une réponse sur ce qui s’est réellement passé ? Rien ne permet de le dire aujourd’hui.
Ce qui est certain, c’est que la décision de l’Ordre envoie un message que beaucoup attendaient depuis longtemps : la négligence médicale n’est pas sans conséquences, même quand elle concerne des professeurs d’université. C’est un signal fort, même s’il reste à voir si des suites judiciaires viendront compléter ces sanctions disciplinaires.
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Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.
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