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L'ouverture sur le Cameroun

Décentralisation : pièges et défis

Parce qu??il est au c??ur même du processus de décentralisation dans lequel notre pays est irréversiblement engagé depuis une quinzaine d??années, le transfert des compétences et des ressources de l??Etat aux collectivités territoriales décentralisées doit se faire de manière concrète et dans des conditions susceptibles d??améliorer notablement les conditions de vie des

populations. Voilà pourquoi cette opération fait l??objet d??une attention particulière de la part des pouvoirs publics. On ne compte plus le nombre de séminaires, colloques, comités interministériels, et autres conseils qui se sont tenus à cet effet au cours de ces douze derniers mois. C??est pour procéder à l??examen des tout derniers programmes de transferts des compétences et des ressources par l??Etat aux régions et communes que le Premier ministre, chef du gouvernement, Philémon Yang a réuni hier à l??Immeuble Etoile les membres du Conseil national de la décentralisation, un aréopage constitué entres autres, de membres du gouvernement, des membres de la représentation nationale, de ceux du Conseil économique et social ainsi que des magistrats municipaux. C??est que le temps presse. A six mois de l??échéance du 1er janvier où doit démarrer cette grande opération impliquant les 360 communes, dix-sept communautés urbaines et une trentaine de départements ministériels, des nombreuses questions demeurent encore sans réponses. Manifestement, certains départements ministériels accusent un certain retard dans la mise en ??uvre de ce processus amorcé pourtant dans notre pays depuis la révision constitutionnelle du 18 janvier 1996. A preuve, quinze ans après, presque tous les pouvoirs restent encore concentrés au niveau du pouvoir central, en dépit de tous les textes pris entre temps pour hâter le processus. Mais voilà, les voix les plus autorisées laissent croire que malgré tout, le chronogramme sera respecté. Celui-ci prévoit dans un premier temps, le transfert des compétences aux communes et aux communautés urbaines en début 2010 ; c??est à dire dans un semestre. Ce qu??il faut noter c??est que l??enjeu majeur de la décentralisation, on ne le dit pas assez, est tout de même de promouvoir un développement durable impliquant les populations de la base à la gestion de leurs affaires. On se rappelle que c??est là une des revendications récurrentes des populations depuis l??avènement de la démocratie pluraliste : participer à la prise des décisions et à la gestion des affaires qui les concernent et déterminent leur devenir, revendication à laquelle le chef de l??Etat avait donné un accord sans équivoque. Mais pour nos élus locaux, il s??agit évidemment d??aller bien au-delà de ce qu??ils font habituellement, c??est- dire pas grand-chose. Avant, ils avaient alors beau jeu d??invoquer le sempiternel problème de pénurie de moyens. Avec le transfert effectif des compétences et des ressources dans un semestre, ils n??auront plus la moindre excuse. Et l??année prochaine c??est déjà demain. Et, mine de rien, le champ de compétences dévolues aux collectivités territoriales décentralisées est vaste et complexe : planification, urbanisme, aménagement du territoire, culture, sport et loisirs, sans omettre les autres attributions ayant trait à des questions de fonctionnement interne de l??administration (vote du budget, approbation des comptes de gestion et administratif et autorisations diverses).La tâche qui s??annonce est certes attrayante, mais pleine de défis et de pièges.
NDZINGA AMOUGOU, Cameroon Tribune

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