Le président Paul Biya a signé le 2 juin 2026 le décret n°2026/201 portant nomination des membres du Conseil supérieur de la magistrature. Quatorze membres au total, pour un mandat de cinq ans. Dix ont été reconduits, leurs mandats expirés depuis environ un an déjà. Les quatre nouveaux visages méritent qu’on s’y arrête.
Ce que dit le décret, nom par nom
Les membres titulaires désignés par l’Assemblée nationale sont Soppo Toute Marlyse, députée du Wouri sous l’étiquette RDPC, Ngoni Mariam, et Essomba Bengono Engelbert. La Cour suprême, de son côté, a désigné Fofung Nabun épouse Wacka, Mekoulou Cunégonde Christine épouse Ngotty, et Moukouri Francis Claude, ancien vice-président du Tribunal criminel spécial. Le président de la République a nommé directement Albert Ekono Nna.
Du côté des suppléants : Aliyoum Fadil, Donald Malomba Esembe côté Assemblée nationale, et Ngo Issi Rolande Adèle en suppléante également.
Un seul vrai changement chez les titulaires. Ali Mamouda quitte son siège. C’est Goni Mariam, ancienne suppléante, qui prend la relève. Une promotion interne, pas une rupture.
On note aussi l’entrée de Sali Dahirou, ex-ministre de la Fonction publique. Sa présence dans cette instance judiciaire interpelle, même si rien dans le texte n’interdit un tel profil. Le Conseil supérieur de la magistrature n’est pas exclusivement composé de magistrats de carrière : des personnalités désignées par les institutions politiques y siègent de plein droit, conformément à la loi n°82/14 du 26 novembre 1982.
Un renouvellement qui dit peu sur la direction prise
Le Conseil supérieur de la magistrature joue un rôle central dans la carrière des magistrats camerounais : nominations, avancements, sanctions disciplinaires. C’est l’organe qui veille, du moins formellement, sur l’indépendance de la justice.
Pourtant, la composition de ce conseil reste très largement tributaire des désignations présidentielles et parlementaires. Ce n’est pas nouveau. Mais ça reste un fait structurel qui pèse sur la perception d’indépendance de l’institution.
La reconduction de dix membres sur quatorze envoie un signal de continuité forte. Pas de grand coup de balai. Pas de profil inattendu qui surgit. Le choix de Francis Claude Moukouri, issu du TCS, tribunal très exposé médiatiquement ces dernières années, sera probablement scruté de près dans les milieux du barreau camerounais.
On ne sait pas encore quelle orientation ce conseil donnera à ses prochains travaux, ni quels dossiers sensibles seront traités sous cette nouvelle composition.
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Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l'actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l'Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s'attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu'ils soient au pays ou dans la diaspora.
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