Politique

Conférence semestrielle : Les instructions d’Atanga Nji aux gouverneurs

Le ministre de l’Administration territoriale prescrit de n’accorder aucun espace aux « fauteurs de troubles ».

Le convoi du gouverneur de la région du Sud-Ouest, Bernard Okalai Bilaï a essuyé une attaque le mardi 12 février 2019. En dépit de cette situation
inquiétante, il a répondu présent à la première conférence semestrielle des gouverneurs de région au titre de l’année 2019 ouverte hier, 14 février à l’hôtel de ville de Yaoundé. Accueilli avec fierté par ses pairs, le gouverneur rassure d’un air serein et ferme : « L’administration fonctionne. Les forces de sécurité sont là et font leur travail. La région est sous contrôle » . Cette réaction renseigne à suffire sur la détermination du gouvernement à mettre hors d’état de nuire toutes velléités de trouble d’où qu’elle vienne. Le thème de circonstance en dit d’ailleurs long à propos : « Autorités administratives et renforcement de la sécurité des personnes et de leurs biens » .

Face à ces différentes menaces qui mettent à mal nos régions, la protection des personnes et de leurs biens demeure la priorité absolue des
autorités administratives. Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a invité les gouverneurs à ne lésiner sur aucun moyen pour
restaurer l’ordre : « Le maintien de l’ordre doit être conduit avec courage, détermination et fermeté » . Et d’ajouter : « Aucun espace ne doit être
accordé aux fauteurs de troubles qui, en toutes circonstances, doivent se heurter à la rigueur de la loi et la détermination de nos forces de défense
et de sécurité » . Il était donc question aux cours de ces travaux, de faire l’état de la sécurité dans les différentes régions. Si les sécessionnistes ne cessent de mener des attaques dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, force est de constater que la sécurité est aussi mise à rude épreuve dans la partie septentrionale de notre pays.

Pour le ministre Paul Atanga Nji, la situation sécuritaire est sous contrôle même s’il y a des défis à relever. Dans son discours d’ouverture, le Minat a convié les gouverneurs à créer des conditions favorables pour la tenue des échéances électorales qui pourront se tenir cette année 2019. L’enjeu sera donc d’organiser les élections dans de bonnes conditions sécuritaires au niveau des 58 départements et des 360 arrondissements. Paul Atanga Nji était accompagné de plusieurs autres membres du gouvernement à l’instar d’Emmanuel Nganou Djoumessi des Travaux publics. Martin Mbarga
Nguélé, le délégué général à la sûreté nationale y était également.

Adolphe Lele Lafrique, gouverneur de la région du Nord-Ouest : “Des consignes pour faire face”

Je voudrai vous rassurer que malgré les difficultés que nous connaissons, la région du Nord-Ouest se porte relativement bien. Elle est certes toujours
préoccupée par la persistante des villes mortes mais en dépit de cela, nous avons pu la maintenir debout. Nous avons pu malgré tout organiser la fête de la jeunesse dans la plupart des unités administratives avec des succès remarquables. Nous sommes toujours présents à la conférence des gouverneurs. C’est l’occasion certainement de rendre compte des situations dans nos localités et prendre des recommandations sur la conduite des affaires. Les autorités administratives et forces de défense ont reçu des consignes pour mieux faire face à cette situation.

Awa Fonka Augustine, gouverneur de la région de l’Ouest: “Une synergie pour faire face aux incursions”

Nous avons été attaqués plusieurs fois par les séparatistes de la région du Nord-Ouest. Ils ont mené des actions à Bangourin, Zavion, Fongo-Tongo,
etc. L’Etat est en train de tout faire pour contrecarrer les incursions des séparatistes. Il y a la capacité opérationnelle des forces de l’ordre qui a été renforcée en matériel, en personnels. Des comités de vigilance ont été réactivés. Les populations ont été sensibilisées pour être à la hauteur et travailler avec les autorités administratives et les forces de maintien de l’ordre. Par rapport aux défis actuels, je peux vous dire qu’il y a une synergie pour pouvoir faire face à ces incursions. On reste optimiste car la situation est maitrisée.

Abate Edi’i Jean, gouverneur du Nord : « Anticiper sur les ravisseurs »

La situation sécuritaire est sous contrôle. La région du Nord vit un calme relatif. Tout en étant conscient des enjeux sur le plan national. C’est pour
cette raison que nous continuons à prendre un certain nombre de mesures afin d’anticiper sur des menaces qui sont essentiellement liées à ceux qui
prennent le vilain plaisir d’enlever des personnes pour demander des rançons. Ce sont des paresseux ; audelà d’être paresseux, ce sont des
malhonnêtes. Nous sommes venus prendre des hautes instructions de la hiérarchie pour d’autres événements qui nécessitent notre engagement
permanent afin de voir nos populations aller et venir dans la sérénité.

Samuel Ivaha Diboua, gouverneur de la région du Littoral : “Notre région recoit nos frères en détresse”

La région du littoral vit un calme en ce sens que les population vaquent à leurs occupations. Nous tendons de temps en temps l’oreille du côté de la
région voisine du Sud-Ouest et nous pouvons déjà vous dire que notre région reçoit nos frères qui viennent de l’autre côté et sont parfois en
détresse. Dans tous nos arrondissements, ils trouvent un état d’esprit de vivre ensemble. La sécurité est menée de manière conjointe entre les
forces de sécurité et les populations. Les populations sont conscientes de ce que le bon fonctionnement du Cameroun repose sur l’économie du
Littoral et elles tiennent à ce que leur entreprises sont protégées. Mais il faut reconnaitre que la crise que nous vivons au Cameroun affecte l’économie de la région.

Grégoire Mvongo, gouverneur de l’Est : «9000 nouveaux réfugiés »

Le nombre de réfugiés a encore augmenté après la dernière conférence des gouverneurs. On a enregistré 9000 nouveaux réfugiés. Nous nous
retrouvons déjà à près de 180.000 réfugiés. On arrive plus ou moins à gérer ces réfugiés avec le Hcr, le Pam et tous les partenaires du gouvernement.
Nous avons deux préoccupations majeures.
La première est la sécurité, car nous avons eu de nombreuses attaques de coupeurs de route. La plupart des attaques de coupeurs de route est
enregistrée autour des camps de réfugiés. Cela suppose que les malfaiteurs pourraient venir de ces camps. Nous sommes en train d’investiguer. Nous espérons que bientôt, nous pourrons clarifier la situation. Le deuxième problème, c’est la baisse du volume d’aide des donateurs comme le Pam, le Hcr. Certains partenaires à l’instar du Giz se sont retirés de la région.

Paul Nasseri Béa, gouverneur de la région du Centre : “Le problème de la police municipale”

La région du Centre est calme. Nous travaillons pour les grands projets qui donneront une belle image à la ville de Yaoundé. En dehors de quelques
agitations des militants du Mrc et la confusion dans la tête des motos taximen avec la police municipale, tout est calme dans l’ensemble. Mais nous vivons ces mouvements ces derniers temps parce que certaines personnes refusent d’accepter les résultats des urnes. Nous n’allons pas tolérer ces agitations. Nous avons ce problème de police municipale qui existe selon la loi. Mais le décret d’application n’est pas encore sorti pour pouvoir donner le critère de recrutement et de formation de ces personnes. Ils agissent donc selon leur bien vouloir. Nous avons suivi la suspension par le préfet du Mfoundi de 30 jours. Cela va nous permettre de nous réunir pour pouvoir mettre les choses en règle.

Kildadi Taguieke Boukar, gouverneur de la région de l’Adamaoua: « Dénoncer tout suspect »

La sécurité dans la région de l’Adamaoua est sous contrôle. Les autorités administratives ont pris à bras le corps ce phénomène d’insécurité lié aux
enlèvements contre payement de rançon. Nous n’avons jamais baissé les bras. Il s’est trouvé un moment, où il était opportun que les choses soient
recentrées, recadrées. Ce qui a justifié l’arrivée du ministre de l’Administration territoriale dans la région. Et aujourd’hui, toutes les énergies sont mutualisées. Nous regardons vers la même direction. Celle d’en finir avec ce phénomène odieux. Le ministre est venu féliciter les autorités administratives, les chefs traditionnels, les comités de vigilance et les forces de l’ordre pour le travail déjà abattu. Il est aussi venu remettre les dons du couple présidentiel aux victimes de ces actes de banditisme. Aujourd’hui, la confiance renaît et les énergies sont impulsées. Dans cette ambiance, la population est déterminée à suivre le chef de l’Etat dans la mise en application de la cause nationale à savoir : l’émergence. Une émergence qui implique un travail dans la discipline, la détermination et le courage. Pour réduire les enlèvements, il faut dénoncer tout suspect qui se trouverait dans une localité. Il faut briser le silence, procéder aux actes de dénonciation.

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Solière Champlain Paka
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