Commission du bassin du Lac Tchad : Les pays contributeurs épongent trois milliards Fcfa d'arriérés

La réserve d??eau sera par ailleurs au centre des travaux du prochain Forum du développement durable annoncé au Tchad dès le 29 octobre prochain.«Je suis venu pour vous annoncer la tenue dès le 29 octobre prochain, de la session Afrique du 8ème Forum du développement durable sur le thème du Lac Tchad». Ainsi s??exprimait hier Hassan Terap, le ministre tchadien de l??environnement et des ressources halieutiques. C??était au Hilton Hôtel de Yaoundé. L??officiel tchadien était entouré pour la circonstance d??Emile Malet, directeur de la revue Passages, partenaire scientifique de ce forum. Alex Blériot Momha, le

directeur en charge de la communication de la Commission du bassin du Lac Tchad (Cblt) était aussi présent. Pas un seul officiel camerounais n??a cependant participé à cette conférence de presse.Le Forum mondial du développement durable avait été institué en 2003, pour protéger les biens publics mondiaux comme l??eau, l??énergie, les transports, les infrastructures??De fait, il s??agit de mobiliser un large panel d??experts sur la problématique de l??exploitation judicieuse de ces ressources.«Mais toute cette démarche doit s??inscrire dans le cadre du développement durable», précisait Emile Malet. Le Congo (Brazaville) est le premier pays africain à accueillir ce forum, en 2008. Il était alors question de réfléchir à sauver le bassin du Congo, deuxième poumon écologique du monde.Cette fois, c??est le gouvernement tchadien qui a sollicité l??organisation de ce Forum. C??est en effet le pays de Idriss Déby qui, avec son voisin nigérien, souffre le plus de l??assèchement de ce Lac. Le Cameroun et le Nigéria ayant un accès direct sur l??océan atlantique. «Depuis la sécheresse de 1973, le Lac Tchad a perdu 90% de sa surface et n??a aujourd??hui que 2500km?», rappelait Hassan Terap. La difficulté de l??accès à l??eau pour les populations riveraines a aboutit, à de véritables transitions et mutations dans les modes de vie. Ces transitions ont souvent conduit à des affrontements entre pêcheurs et cultivateurs. De nombreux déplacements de populations ont aussi été enregistrés depuis des années. Sans compter l??inexorable avancée du désert. De fait, ce sont 30 millions de personnes qui dépendent directement des ressources de ce Lac qui sépare quatre pays: Le Tchad, le Cameroun, le Nigéria et le Niger.{module Publicité 300_250|none}Sommets internationauxDepuis sa création le 22 mai 1964, la Cblt a toujours été confrontée au problème de financement. Ses pays membres (Cameroun, Tchad, Nigéria, Niger, République Centrafricaine, Libye) sont longtemps restés mauvais contributeurs. Malgré une récente et timide réaction: «Depuis le 10 mai dernier, la facture d??arriérés a été réduite de moitié. Nous avons pu recouvrer environ 3milliards FCfa, sur les six que nous attendons», indiquait hier Alex Blériot Momha. Mais ces ressources demeurent largement insuffisantes. D??où l??initiative du Président Tchadien.«L??objectif est double», indiquait en substance le partenaire scientifique du forum. Il s??agit d??abord de faire l??état des lieux de toute la question afin de dégager des propositions les plus pertinentes et scientifiques pour résoudre ce problème. Mais il s??agit aussi de réussir à inscrire la question de la sauvegarde de ce patrimoine public dans l??agenda de tous les sommets internationaux à venir, afin de mobiliser tous les partenaires internationaux». En clair, il s??agit de tirer les conséquences de l??inefficacité des pays directement concernés à trouver des solutions adéquates au desséchement de ce Lac, malgré quelques initiatives. Une étude est en cours pour étudier le projet de transfert des eaux de l??Oubangui vers le Lac. Ces études devraient être prêtes en novembre 2010.

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