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Can TotalEnergies 2021 : La malédiction d’Olembé !

Pays hôte de cette 33e édition de la Coupe d’Afrique des nations, le Cameroun a été éliminé hier jeudi aux tirs aux buts (0-0, 1-3 tab) par une équipe égyptienne qui n’a pourtant pas été étincelante pendant le temps réglementaire.

Attendu au soir du 06 février pour soulever le trophée, c’est finalement pour la troisième place les Lions Indomptables devront batailler samedi prochain face aux Etalons du Burkina Faso. Nohou Tolo est inconsolable. Il pleure à chaudes larmes comme un gamin qui vient d’obtenir une mauvaise note à l’école. Soutenu par deux membres de l’encadrement technique, l’arrière droit des Lions indomptables digère mal ce qu’il vit en ce moment : l’élimination du Cameroun en demi-finale de cette Can qu’il a juré de remporter. Le sociétaire de Sounders de Seattle en MLS a pourtant été l’une des grosses satisfactions de cette compétition. Volontaire, déterminé, discipliné et étincelant sur son flanc gauche, l’ancien joueur de Botafogo, titularisé sur les six rencontres qu’a livré la sélection nationale fanion, voit son rêve de soulever le trophée, partir en fumée. Idem pour Lea Siliki, Harold Moukoudy, deux bleus qui viennent de voir leurs tirs repousser par Gabasky, le gardien de buts égyptien alors que Lions et Pharaons ont été contraints de passer par la fatidique épreuve de tirs aux buts pour déterminer le vainqueur de cette deuxième demi-finale coupe-cœur.

Quelle mouche a bien pu piquer Toni Conceçao pour qu’il jette son dévolu sur ces jeunes félins sans expérience pour une épreuve aussi cruciale ? Alors qu’il a sagement gardé les cadors de la taille de Michael Ngadeu, Fai Collins et autres Zambo Anguissa bien loin des projecteurs, il a fait de ces jeunots, des victimes expiatoires. Même Clinton Njié qui dispute sa quatrième Can, n’a pas fait mieux que d’envoyer le cuir dans le décor. Une insoutenable humiliation pour les plus de 35000 spectateurs du stade d’Olembé. Fin de parcours donc pour le Cameroun ! La messe est dite pour le pays hôte ! Conserver le trophée à domicile, c’était trop beau pour être vrai. On savait que tout devait se jouer au mental dans l’approche et la gestion de ce match électrique. Portés par tout un stade et montés en puissance dans le jeu en quarts contre la Gambie (2-0), les Lions se sont pourtant donné les moyens d’aborder ce match dans de bonnes conditions. Mais l’Egypte, même avec un jeu très minimaliste et un Mohamed Salah muselé, est resté redoutable. La Côte d’Ivoire (0-0, 5-4 tab) et le Maroc
en ont récemment fait les frais.

En panne d’efficacité

Les quintuples champions d’Afrique pourront regretter leur manque d’efficacité durant une première période largement dominée. Les Pharaons, quant à
eux, prennent leur revanche sur la finale perdue de 2017 face au même adversaire et défieront le Sénégal dimanche en finale pour tenter de décrocher une 8e étoile. Le match a pourtant bien commencé avec des camerounais qui multipliaient les centres mais restaient pénalisés par un certain déchet, notamment dans le dernier geste. Ngadeu voyait ainsi sa tête heurter l’arrête d’Abou Gabal, avant que Kamal ne dégage en catastrophe en corner. Sur celui-ci, frappé par Ngamaleu, Zambo-Anguissa déviait astucieusement pour Ngadeu, qui ratait le ballon au point de penalty. Complètement asphyxiés par séquence, les Pharaons ont eu chaud et il leur fallait à nouveau un peu de réussite lorsque Toko-Ekambi, sur le reculoir, n’a pu que reprendre timidement le centre de Ngamaleu pour l’envoyer dans les gants d’Abou Gabal.

Pas malheureux, les hommes de Carlos Queiroz sont restés néanmoins menaçants sur leurs contres rapides, à l’image de ce tir de Salah passé au-dessus en début de partie ou encore de cette tête de Fathi, finalement signalé hors-jeu, à tort, claquée par Onana avant la pause. Au retour des vestiaires, les Egyptiens se montraient nettement plus tranchants sous l’impulsion de Trezeguet, lancé à la mi-temps. Après un petit pont sur Fai, Marmoush s’ouvrait le chemin du but, mais Castelletto le stoppait in extremis. Surtout, Hongla qui se trouve complètement en adressant une passe en retrait suicidaire dont profite Salah, mais Onana surgit dans ses pieds pour le tacler. La pression égyptienne faiblit ensuite mais les Camerounais maîtrisent nettement moins ce second acte, plus équilibré, plus terne aussi.

Conceçao au tribunal

Les locaux disposent néanmoins de deux munitions mais la tête de Toko Ekambi est facilement captée par Gabaski, tandis que le missile de Oum Gouet flirte avec la barre du gardien dans la foulée. Le public commence à céder au découragement. Presque personne n’y croit plus. Alors que le rythme retombe aussitôt, la principale animation vient du banc égyptien où Queiroz, à nouveau très nerveux, écope de deux cartons jaunes coup sur coup pour être exclu (90e+1), juste avant la prolongation. Durant celle-ci, malgré la fatigue, chaque sélection se procure des opportunités. Le Cameroun a chaud mais s’écroule durant la séance de tirs au but. Au banc des accusés, le sélectionneur Toni Conceçao et ses choix presque toujours contestés.

On se demande comment il a réussi à garder sur le banc des joueurs du talent d’Eric Maxim Choupo Moting et Jérôme Onguéné. Ou encore pourquoi il s’est obstiné à maintenir sur le terrain un Vincent Aboubakar en manque de réussite et émoussé. En attendant de faire l’autopsie de cette élimination qui ne restera pas impunie, rendez-vous au stade omnisport Ahmadou Ahidjo demain pour une troisième place synonyme de lot de consolation.

Christian TCHAPMI /237online.com

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