Sport

CAN 2021: La malédiction plane sur le Stade d’Olembe

Cimetière des illusions d’un pays hôte qui n’a visiblement pas appris des leçons de la déconfiture de 2019, l’infrastructure de 60000 places prévue pour accueillir la Coupe d’Afrique des nations l’an prochain, fait l’objet d’interminables blocages qui ont pour corollaire, un flou sur les délais de livraison prévus par la Confédération africaine de football (Caf).

C’est une lapalissade ! Depuis le retrait de la Can 2019, rien ou presque n’a bougé dans le gigantesque chantier du complexe sportif d’Olembé où doit sortir de terre le mythique stade Paul Biya. Entre grèves à répétitions des ouvriers qui réclament le paiement de leurs arriérés de salaires, résiliation du contrat de la société italienne Piccini par le ministre des Sports et de l’éducation physique en fin novembre 2019 pour son incapacité à livrer l’infrastructure dans les délais contractuels ; et procès à n’en plus finir des membres de la Task Force, englués dans des guerres de réseaux, le Cameroun est resté fidèle au statuquo. A l’évidence, les financements manquent, pour relancer les machines.

Tout est au point mort

De plus, un parfum de gros scandales a embaumé le sérail faisant dire que les fonds alloués pour ce gros ouvrage ont été croqués à pleines dents par certains membres du gouvernement. Conséquence, lancés en mars 2016 et censé s’achever en septembre 2018, les fameux travaux n’ont plus bougé d’un iota. Après avoir fait recours à plusieurs banques à travers la signature d’une convention de cautionnement l’année dernière pour que Gruppo Piccini obtienne le financement nécessaire pour la relance des travaux de ce complexe sportif, l’Etat du Cameroun mis en index comme le principal coupable, tente de sauver la face.

Le patron de Magil porté disparu

Même le repreneur canadien Magil construction à qui ce juteux marché a été remis, peine à décoller. Ceux qui espéraient que les travaux s’accéléreraient à une vitesse supersonique, au regard des états de services de cette entreprise au stade de la Réunification et ses annexes de Douala, commencent à déchanter. Depuis trois mois qu’elle a pris le pouvoir à Olembé, rien n’avance. Noyée dans une bataille sans merci avec son prédécesseur Piccini au sujet du matériel, des plans et autres, l’offensive attendue d’elle, est invisible. La dernière actualité en date c’est la « disparition » de Franck Mathiere, le vice-président chargé des opérations internationales de Magil, qui a été à la signature de tous les documents lui rétrocédant le chantier. C’est le 9 décembre 2019 que l’ingénieur a été aperçu pour la dernière fois. Ce jour-là arrivaient à Yaoundé, 31 camions semi-remorques chargés du matériel de Magil.

Lire aussi
Cameroun: Magil et le stade d’Olembe dans le brouillard

Où a-t-il bien pu aller ? Mystère et boule de gomme. L’homme qui annonçait qu’en fin décembre, l’engazonnement de l’aire de jeu, avec la fin des travaux de drainage et d’assainissement prendraient corps, n’a pas laissé de nouvelles depuis lors. Selon une source crédible contactée par nos confrères du journal Le Jour, le sieur Mathiere passe depuis plusieurs semaines des vacances en Thaïlande. Ses collaborateurs restés sur place sont embarrassés et se sentent « piégés » par leur patron, puisqu’ils sont obligés de « jongler ». « C’est un chantier dont il n’avait pas bien évalué la complexité et s’est empressé à convaincre le gouvernement camerounais à retirer le chantier au premier entrepreneur pour lui confier », confie la source.

Plusieurs indices montrent d’ailleurs que ce chantier n’est pas dirigé de la main ferme. Sur le chantier, une seule grue était montée par Magil lors de la dernière visite du ministre des Sports. Quant aux travaux sur l’aire de jeu, en l’absence de Franck Mathiere, ses collaborateurs ont estimé et promis qu’en mi-avril, on aura déjà une pelouse verdoyante sur l’aire de jeu. Ce sera pendant le déroulement du Chan total 2020 au Cameroun. Avec de fortes chances que les inspecteurs de la Caf y fassent encore des visites.

Lire aussi
Cameroun: Magil et le stade d’Olembe dans le brouillard

Mouelle Kombi, le fauteur de trouble ?

Et pour ne rien arranger, il y’a comme une épée Damoclès qui continue de planer sur la tête de Mouelle Kombi, présenté comme le fauteur de trouble. Il y’a un mois, une correspondance signée de Makon-nen Asmaron, le patron du groupe Piccini exigeait des explications de Paul Biya en vue de savoir si l’ordre de prendre en otage ses collaborateurs et de saisir le matériel et les équipements de son entreprise émanait de la présidence de la République. «… Après une décision abusive et non fondée de nous retirer le marché de construction de la Can 2021 (…) financé par le gouvernement italien, à notre grande surprise, et en violation des règles qui régissent ce type de marché, une décision unilatérale a été prise en faveur d’une entreprise canadienne alors que la construction suivait son cours», se lâchait le Pca du constructeur italien qui dit avoir choisi de rester de son plein gré au Cameroun depuis le mois de novembre, date de la rupture du contrat, question d’honorer les dispositions contractuelles qui la lie au Cameroun dans l’attente d’une « décision objective et amiable » venant du président de la République.

Ceci, indique l’expéditeur, pour éviter au pays toute contrainte de remboursement à l’Italie de l’ensemble des sommes engagées dans ce marché. « Cette décision n’ayant pas encore été prise, nous nous retrouvons dans une situation qui risque de dégénérer à tout moment », poursuivait-il. Mais, mettant de l’eau dans son vin, le président de Piccini ouvre le chemin d’une solution négociée à cette question en tendant la perche du dialogue et d’un compromis mutuellement bénéfique pour les deux parties. Aussi faisait-il savoir qu’il privilégie le « dialogue intelligent et transparent aux procédures légales ». Vous avez dit « chantier maudit » ?

Christian TCHAPMI

Tags
Afficher plus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer