Cameroun: Ventes en chute libre à la Sosucam

Sosucam

Plus de 58.000 tonnes stockées dans les quatre sites de la société sucrière.
La société sucrière du Cameroun (Sosucam) est charge de la production du sucre est-elle en crise ? Visiblement non, au regard des mines rassurantes des employés des sites de production de Nkoteng et de Mbandjock, deux communes du département de la Haute-Sanaga, dans la région du Centre, à une centaine de kilomètres de Yaoundé. Mais, ses deux principaux magasins ainsi que les magasins annexes sont archi-combles. « Nous disposons ici de 38.800 tonnes de sucre en poudre, 16.500 tonnes à Mbandjock, 1.400 tonnes dans le magasin de Douala, même stock pour le magasin de Ngaoundéré », renseigne Landry Eboulé, le chef du service stocks, expéditions et logistique de la Sosucam. Tous calculs faits, la Sosucam, qui produit 800 tonnes de sucre par jour dispose donc d’un stock de 58.100 tonnes de sucre en poudre et en carreaux stockées, quasiment en souffrance, faute de pouvoir l’écouler sur le marché. 237online.com Cette situation frise quasiment la crise au sein de l’entreprise. Car, « jusqu’ici, nous écoulions 12 à 13.000 tonnes de sucre par mois. Mais, depuis quelques mois, nous écoulons à peine 8.000 tonnes de sucre par mois. Soit 5.000 tonnes, qui restent sur place », se plaint Landry Eboulé. Et pourtant, depuis plusieurs années, l’entreprise que dirige Louis Yinda est accusée d’être incapable de satisfaire la demande nationale, qui tourne autour de 20.000 tonnes par mois. Plus grave, la pénurie est souvent ressentie pendant la période du jeûne du Ramadan. Période pendant laquelle la consommation du sucre augmente, la demande extérieure aussi. « Vous-mêmes vous avez vu : il y a du sucre », peut se défendre le chef des stocks. A qui donc la faute ? Le doigt accusateur est pointé vers la contrebande. L’on se souvient que le 27 avril dernier, le délégué régional du Commerce a saisi un stock frauduleux de 100 tonnes à Yaoundé. Une cargaison, qui venait du Guatemala en Amérique du Sud. Les autorités confiaient alors avoir été informées de l’entrée au Cameroun, de manière frauduleuse 500.000 tonnes de sucre. Quasiment dix fois les stocks actuels de la Sosucam. Il faut le rappeler, la demande nationale en sucre au Cameroun oscille entre 250.000 tonnes et 300.000 tonnes par an. La Sosucam, pour 2016, dit pouvoir produire 124.000 tonnes, si l’on en croit son Président directeur général lors d’une communication en février dernier. Dès lors, le reste de la demande peut être satisfaite par d’autres petites structures telles que Nosuca, Sumocam. Conscient de cette possibilité, le gouvernement a interdit l’importation du sucre le 21 août 2014, afin de protéger l’industrie locale mise à mal.

Justin Blaise Akono

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