Une épouvantable méprise a coûté la vie à trois Camerounais dans l’Extrême-Nord du pays. Frédéric Mounsi, chercheur à l’Institut de Recherche Géologique et Minière (IRGM), le Dr Bello et leur guide local ont connu une fin atroce à Souledé-Roua, dans le département du Mayo-Tsanaga. D’après les informations recueillies par 237online.com, les trois hommes ont été lynchés puis brûlés vifs par des villageois qui les ont pris pour des membres de la secte terroriste Boko Haram.
Quand la psychose sécuritaire mène à l’irréparable
« La peur des attaques de Boko Haram pousse désormais les populations locales à une extrême méfiance envers toute personne étrangère à leur village », a déclaré Jean Bosco Avom Dang, préfet du département du Mayo-Tsanaga, dans un communiqué officiel. Cette région frontalière du Nigeria vit depuis des années sous la menace constante des incursions meurtrières de Boko Haram, créant un climat de suspicion généralisée.
Les victimes s’étaient rendues dans cette localité dans le cadre des recherches doctorales de Frédéric Mounsi, spécialiste en ingénierie environnementale. Accompagné du Dr Bello, ils avaient engagé un guide local pour les conduire en toute sécurité. Malheureusement, leur présence a suffi à déclencher la fureur irrationnelle des habitants traumatisés par des années de violence terroriste.
L’indignité post-mortem ajoute au drame
Comme si cette fin horrible ne suffisait pas, un proche des victimes a confié à 237online.com une information révoltante : « Nous avons contacté le sous-préfet. Il dit que si demain personne ne se manifeste, ils vont enterrer les corps dans une fosse commune. » Cette menace d’ensevelissement anonyme ajoute une couche supplémentaire d’horreur à ce drame qui soulève de graves questions sur la gestion des tensions sécuritaires dans les zones affectées par le terrorisme.
Cette tragédie met en lumière les conséquences dramatiques de la psychose sécuritaire qui règne dans l’Extrême-Nord camerounais. Elle montre également comment des chercheurs dévoués au développement de leur pays peuvent devenir des victimes collatérales d’un climat de peur que les autorités peinent à maîtriser.
Par Laurent Diby pour 237online.com
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